La Fille du Train de Paula Hawkins 🚆

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~ 4ème de couverture ~

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8 h 04 le matin, à 17 h 56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.
Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d’en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d’un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu…

« Addictif. » Télérama

« Un bijou de polar psychologique. » Le Figaro Magazine

~ Mon humble avis ~

La fille du train c’est Rachel, une femme en détresse d’une trentaine d’années : alcoolique, elle vient de rompre avec son mari et squatte chez une copine. Tous les matins elle prend le train de 8 h 04 à destination de Londres, où elle travaillait – avant – mais ça son hôte providentielle ne le sait pas. Tous les matins le train s’arrête devant une maison où vit un couple qui semble très heureux. Rachel imagine leur vie, leur invente des prénoms, comme des amis imaginaires. Mais la paisible routine des deux amoureux change brutalement : qui est cet homme, qui n’est pas Jason, qui embrasse Jess dans le coup ? trompe-t-elle son mari ? Le lendemain les journaux annoncent la disparition de Megan Hipwell, alias « Jess ». De spectatrice, Rachel va devenir actrice, pour le meilleur, et pour le pire…

Ce thriller psychologique nous plonge dans une atmosphère absolument angoissante, où les personnages semblent tous nourrir en eux des intentions malsaines. Même s’ils ne sont pas nombreux, leur ambiguïté fait qu’on s’en contente largement ! J’ai adoré suivre Rachel dans son enquête, apprendre à mieux la connaître aussi. Le suspense est extrêmement prenant à tel point que j’avais du mal à lâcher ma liseuse, on veut lever le voile sur toute cette affaire comme le personnage de Rachel qui aimerait bien savoir ce qu’elle fait durant ces trous noirs quand elle est ivre, et qui laissent un mystère permanent.
Il s’agit donc d’un vrai page turner très efficace, où les différents points de vue des personnages alternent constamment. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler alors je ne dirais que ceci : foncez !
Ce livre a bien failli être un coup de cœur et pourtant il y a un problème (et non des moindres pour un thriller) c’est que j’ai deviné la fin dès le début… Je ne sais pas si cela fait de l’intrigue une intrigue prévisible pour autant. De toute manière cela n’a pas du tout gâché ma lecture, seulement les quelques dernières pages, où, forcément, quand on voyait venir le truc depuis 3 kilomètres c’est pas aussi fun.

On frôle le coup de cœur de près pour La Fille du Train mais cela reste une lecture mémorable qui m’a fait vivre beaucoup d’émotions, une lecture que j’ai dévorée ! Au vu du succès de ce roman chez les lecteurs en général je ne peux que le recommander moi aussi. En tout cas Paula Hawkins est une auteure à suivre ! !

Hortense de Jacques Expert

hortense~ 4ème de couverture ~

Tu ne la reverras plus.

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Avec ce nouveau roman, inspiré d’une histoire réelle, on retrouve le génie de Jacques Expert pour transformer les faits divers en romans captivants. Comme à son habitude, il ne se contente pas de faire preuve d’une extrême justesse psychologique mais multiplie les pistes, enchaîne les rebondissements jusqu’à un dénouement complètement imprévisible.

~ Mon humble avis ~

Hortense est un polar de Jacques Expert qui raconte l’enlèvement d’une petite fille à sa mère, et leurs extraordinaires retrouvailles bien des années plus tard. Extraordinaires car la petite fille qui avait été privée de sa maman a bien grandi, c’est une jeune femme. Mais est-ce vraiment elle ? Sophie, sa mère qui a arrêté de vivre pendant plus de vingt ans, est persuadée que c’est elle, c’est Hortense, elle vient de la croiser dans la rue. Elle s’est volatilisée en 1993, nous sommes en 2015.
Je ne lis jamais de polars mais celui-ci avait quelque chose d’alléchant, surtout quand on vous le recommande très très chaudement comme un roman à couper le souffle, tellement la fin « te retournes le cerveau ». Alors, je l’ai lu. J’ai souffert à cette lecture. Je vais dire pourquoi mais vraiment, cette lecture fut un calvaire. Plus jamais.

Jacques Expert, outre sa profession d’écrivain, est aussi journaliste à RTL et a déjà travaillé en tant que rédacteur en chef chez TFI. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que vous retrouvez dans Hortense la même stérilité, la même invraisemblance des dialogues, et surtout la même finesse psychologique qu’un épisode d’Au nom de la vérité sur TF1, justement. L’écriture de Jacques Expert semble destinée à un téléfilm médiocre dans lequel on tenterait d’établir une sorte de tension, de terreur, par le biais d’un personnage qui vous emmène du côté de « sa part d’ombre ». D’abord, une femme à peine vivante, tant elle a été brisée par la perte de sa fille, qui s’ennuie dans sa vie, mais qui, au lieu de prendre une corde, rumine sa rage contre le père de sa fille, et s’ennuie, beaucoup. Mais elle ennuie beaucoup aussi. Quel intérêt y a-t-il à souligner les moindres gestes du personnage, ses moindres habitudes aussi barbantes qu’insignifiantes ? Qu’en a-t-on a faire qu’elle préfère manger du surgelé le week-end, et quelle se couche tous les soirs à vingt-deux heures ? L’intrigue qui pourtant promet des rebondissements se noie dès le début. L’auteur prend délibérément un ton froid et rigide, comme pour créer une atmosphère inquiétante ; mais il ne fait que rendre ses personnages incapables d’avoir des pensées moins médiocres. Il se plaît aussi à introduire dans leur narration ce je-ne-sais-quoi de bizarre qui fera penser aux lecteurs que tous ont un côté étrange et qu’ils pourraient tous bien être suspects ; c’est une façon de lui faire croire qu’il y a bien des secrets dans cette histoire et que tous pourraient bien avoir de terribles desseins.
Mais si Jacques Expert tisse son intrigue bout à bout, chapitres de 3 pages après chapitres de 3 pages, en essayant péniblement de faire avancer son histoire, c’est parce que lui-même ne sait pas quelle en sera l’issue. Il déclare ainsi à un journaliste de LCI : « Le dénouement d’Hortense qui est assez spectaculaire, je l’ai vraiment trouvé à la fin. » Ce qui donne un long égarement, alternant le récit de « Sophie » et celui d’« Hortense », et ponctué de nombreux contre-rendus de procès-verbaux qui n’ont pour seul fonction que de prévenir le lecteur qu’attention ! l’histoire va tourner en eau de boudin, mais des indices, que nenni. D’ailleurs pourrait-on parler d’indices alors qu’il ne s’agit pas d’une enquête tentant de résoudre un crime quelconque ? La seule question soulevée ici est : est-ce Hortense ? Mais les ¾ du roman se contentent de proposer au lecteur des scènes de discussion entre la possible mère et la possible fille autour d’un repas organisé chaque semaine. Chacune déballe son passé, mais aucune réelle confrontation ne se fait, l’une étant décidée à attendre le bon moment pour annoncer la nouvelle, l’autre se demandant ce qu’elle vient faire chez cette vieille dame qui n’est pas de la meilleure compagnie.
Outre l’absence de suspens, l’absence de retournement de situation au bout de 300 pages, on peut se dire que la fin – très souvent louée d’ailleurs – nous réserve bien des surprises, alors, acceptant ces centaines de pages très longuettes, on se résout à aller jusqu’à la fin, il y en a peut-être pour qui cela crée même un certain effet d’attente, moi pas, juste de l’agacement, et une faible lueur d’espoir pour que ce roman s’achève avec plus de sens. Mais le dénouement, survenu comme par la magie de l’inspiration chez Jacques Expert, par « un flash un soir avant de [s]’endormir », est totalement absurde. Chez certains lecteurs la terreur a fait mouche, et on en est resté là. En plus de m’avoir laissée de marbre, cette situation finale suppose que tout ce qui a précédé dans l’intrigue n’avait aucun sens. C’est sûrement le genre de problème qui arrive quand on n’a pas de scénario.

Hortense est ma pire lecture de 2016. Je le déconseille vivement, sauf si l’on aime les intrigues sans queue ni tête, avec en pompon une fin glauque à souhait pour vous faire oublier que l’histoire n’avait aucune direction particulière. Tant de pages pour si peu de contenu, ça, c’est effrayant.