La maison vide précédé du Dernier problème de Arthur Conan Doyle 🕵️

La maison vide

~ 4ème de couverture ~

Un homme est retrouvé mort d’une balle dans la tête alors qu’il se trouvait dans sa chambre, fermée à clé de l’intérieur. Pour résoudre ce mystère, le docteur Watson pourra compter sur le miraculeux retour à la vie de son acolyte, Sherlock Holmes.

Dans ces deux enquêtes, Sherlock Holmes est au plus haut de son art, pour un affrontement final époustouflant avec son ennemi juré, Moriarty.

Sherlock Holmes

~ Mon humble avis ~

Ce livre m’a été offert à mon anniversaire, et quand j’ai su qu’il rassemblait la – supposée – dernière enquête de Sherlock Holmes et une autre, j’ai trouvé ça bizarre de commencer à lire du Arthur Conan Doyle en commençant par la fin de son héros. Mais finalement j’ai bien apprécié ma lecture et ça ne m’a pas empêchée de vouloir en lire davantage. Dans Le Dernier problème Sherlock Holmes tente le tout pour le tout pour faire arrêter son ennemi juré : Moriarty  – une vraie saloperie soit dit en passant. Cette traque vont mener les deux hommes en Suisse. Je n’en dirais pas plus au risque de spoiler un moment important dans les aventures du célèbre détective.

Un jeu du chat et de la souris

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Sherlock Holmes et son ami Watson partent donc pour ce qui semble être une ultime chasse au Moriarty. Ils redoublent donc de vigilance au vu de la puissance de l’ennemi, lui aussi très intelligent. Rien n’est gagné d’avance et le danger est bien là. J’ai beaucoup aimé ces deux enquêtes qui m’ont donné un aperçu de la façon dont Sherlock est capable de déduire, d’anticiper, de prendre ses précautions et de tendre des pièges en même temps… Ces deux nouvelles sont très courtes mais le suspens est là. J’ai adoré l’écriture de l’auteur, qui est très intelligente et efficace en même temps.

Le Dernier problème et La maison vide sont donc deux nouvelles que j’ai appréciées autant l’une que l’autre, et il n’est pas impossible que je veuille en lire davantage. Pour ce qui est de la figure de Sherlock Holmes en lui-même, j’aimerais beaucoup aussi regarder la série avec Benedict Cumberbatch et le manga qui en a été adapté et qui a l’air incroyable !

SherlockSherlock manga

La Tombe des lucioles de Akiyuki Nosaka

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~ 4ème de couverture ~

Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l’écrivain Nosaka Akiyuki. L’histoire d’un frère et d’une sœur qui s’aiment et vagabondent dans l’enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Mais Nosaka, c’est aussi un style inimitable, une écriture luxuriante que l’on reconnaît d’abord à son brassage de toutes sortes de voix et de langues. Une prose étonnante, ample, longue, qui réussit à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, secouée de mots d’argot, d’expressions crues, d’images quasi insoutenables, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle.

~ Mon humble avis ~

La Tombe des lucioles est une nouvelle publiée en 1967 et écrite par Nosaka Akiyuki, une personnalité médiatique importante au Japon et surtout un écrivain reconnu. Comme je ne connais rien à la littérature japonaise, il va sans dire que je n’avais jamais entendu parler de lui ! Cette nouvelle (plus connue pour son adaptation par le studio Ghibli) raconte l’histoire d’un jeune garçon Seita, qui va vivre l’enfer des bombardements américains avec sa petite sœur Setsuko. Il s’agit d’un récit extrêmement poignant, où les deux enfants, dont le père a disparu en mer, et la mère a péri dans un incendie, ne vont devoir que compter sur eux-mêmes pour survivre, dans un monde peuplé de débris, de cadavres, bref : pourri d’inhumanité.

Je n’ai toujours pas regardé le film donc je ne sais pas si on y trouve une version édulcorée de ce récit, en tout cas j’ai très vite compris en débutant ma lecture que l’auteur n’allait pas nous épargner d’aucun détail concernant les horreurs de la guerre. La nouvelle s’ouvre sur Seita agonisant de faim, malade, et dont la vie vient de se clore en quelques mots seulement, comme si son existence n’avait pas d’importance dans ce monde où les enfants périssent par dizaines.
La nouvelle va nous raconter comment cet enfant en est arrivé là, devant cette gare, sans personne pour lui venir en aide. Setsuko et Seita vont être contraints de fuir leur maison envahie par les flammes, et d’abandonner leur mère qui est trop malade pour les suivre. Dès lors Seita va faire preuve d’énormément de courage pour emmener sa petite sœur avec lui, et la rassurer tant bien que mal… De ce périple dans la cité dévastée de Nishinomiya, près de Kôbe, Seita va prendre soin de sa sœur, tenter d’aller de l’avant malgré un environnement hostile. Dans ce grand chaos qu’est devenue leur vie, seul quelques lucioles viennent apporter un peu de lumière dans cette nuit noire. Le pathétique se teinte parfois de réflexions nostalgiques, comme lorsque Seita se rappelle sa vie d’avant, la chance qu’il avait d’en avoir encore une, normale.
Cette nouvelle est extrêmement pesante à lire, tant l’auteur semble vouloir montrer à tout prix les images qui l’ont marqué lorsqu’en 1945 il a dû faire face aux mêmes dangers. Il y a comme une volonté morbide de tout dire, de tout montrer, de faire comprendre la souffrance qu’un tel événement provoque, quitte à exacerber complètement ces atrocités.
On peut se rendre compte en lisant cette nouvelle que la narration et les différentes voix qui la peuplent sont discordantes, la traduction française de Patrick De Vos retranscrit les différents dialectes qu’on trouve dans la version originale par de l’argot, ce qui peut paraître un peu étonnant, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait à la base une multiplicité importantes de langues (il y aurait même des mots d’italien et de français glissés çà et là). La Tombe des lucioles, grand/petit livre de la littérature japonaise doit être infiniment plus parlant dans sa langue originale, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cette lecture.

Ce livre très court est donc très frappant, mais même si j’ai trouvé l’ensemble très beau, surtout l’amour qui existe entre ce frère et cette sœur, le spectacle de la misère a encore – une fois de plus ! – été trop frontal pour moi, j’aurais peut-être préféré un détour plus poétique. Du reste il s’agit vraiment d’un sentiment tout à fait personnel !

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