Le BGG de Roald Dahl 👂

Le BGG

~ 4ème de couverture ~

« Les hommes de terre ne croient pas vraiment aux géants. Ils pensent que nous n’existons pas. »

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle est tirée de son lit par un géant ! Heureusement, c’est le Bon Gros Géant, le BGG, qui se nourrit de schnockombres et boit de la frambouille. Mais il existe d’autres géants au pays des géants : des brutes de quinze mètres de haut qui ne raffolent que d’une chose : les hommes de terre. Sophie et son ami le BGG pourront-ils les arrêter ? Espérons-le, sinon vous pourriez bien être le prochain à vous faire gober par un affreux géant.
Le BGG

~ Mon humble avis ~

Sophie est une petite fille qui vit dans un orphelinat. Sa vie prend un tour inattendu lorsqu’une nuit, alors qu’elle veille encore à « l’heure des ombres », elle aperçoit par la fenêtre une forme gigantesque qui arpente les rues endormies. Cette créature, elle s’en rendra vite compte, est un géant. Malgré elle elle sera emmenée jusqu’au pays du géant, un désert rocailleux. Mais ce géant n’est pas aussi méchant que Sophie pouvait le craindre… C’est le BGG : le Bon Gros Géant. Ensemble, ils vont apprendre à se connaître, bien que la communication entre eux d’eux ne soit pas toujours évidente ! Car le BGG a tendance à s’emberlificoter les pinceaux, comme qui dirait. Malheureusement, il est impossible à la petite fille de sortir de la caverne du BGG : au dehors rôdent de vilains géants mangeurs d’hommes de terre ! Le BGG et Sophie vont essayer d’arrêter ces brutes de quinze mètres de haut et ils feront appel à leur courage mais aussi à leur inventivité.

Malgré la frambouille, cette lecture a manqué de pep’s

Autant le dire tout de suite, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à cette lecture que j’ai fait durer plusieurs semaines. Les deux personnages sont très attachants et leur relation est mignonne ; le langage extrêmement confus du BGG est très drôle à lire (du moins, au début) ; leur voyage au pays des géants, la chasse aux rêves avec des filets à papillons, les crépitages causés par la frambouille : tout cela est imaginatif, onirique. Pourtant j’ai trouvé qu’il manquait énormément de folie à cette histoire. De plus une grande partie du roman est seulement constituée de dialogues entre les deux protagonistes ce qui devient, à la fin, un peu lourd à lire. J’attendais des péripéties, des dangers contre lesquels se défendre, des obstacles à surmonter : or j’ai trouvé l’ensemble assez fade et très répétitif.

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Cette fin qui m’a mise mal à l’aise

Sans spoiler, je ne dirais que ceci : à un moment donné, le BGG et Sophie montent un plan ensemble afin de se débarrasser des mauvais géants. Leur idée pour y parvenir est bien farfelue mais après tout, pourquoi pas ! J’avais hâte de voir ce qu’allait donner la reine d’Angleterre dans cette histoire (je ne révèle rien, on sait au début du roman qu’elle fait partie des personnages). Malheureusement j’ai été déçue de voir que tout se déroulait comme prévu, il n’y a aucune surprise, aucune folie, même si une personne réelle – et pas n’importe laquelle, sa Majesté – prend part aux événements. Mais ce qui m’a le plus dérangée outre cette absence d’imprévus, c’est la fin et notamment le sort qu’on réserve aux géants. Étrangement je l’ai trouvé cruelle et malaisante, alors qu’il s’agit de monstres. Je pense que c’est dû au fait que les géants dans cet histoire m’apparaissent avant tout comme des monstres qui nuisent sans s’en rendre compte, ils ont beau avoir des patronymes comme « Avaleur de chair fraîche » ou « Buveur de sang », ils sont mauvais parce que c’est dans leur nature, et c’est comme s’ils n’avaient pas conscience de la cruauté de leurs actes. Du coup, même si leur sort est représenté comme une juste punition, je l’ai trouvé cruel quand même car les personnages semblent se réjouir de les voir souffrir – ce qui fausse, pour moi, totalement la morale que l’on veut transmettre. Bref, je n’ai pas été convaincue par ce dénouement que j’ai trouvé… bizarre.

Le BGG fut donc une lecture faaaaastidieuse. Je n’ai pas été emportée dans l’univers époustouflant qu’a l’habitude de créer Roald Dahl. Sans doute est-ce un sentiment tout à fait personnel, la magie n’a pas fonctionné et puis c’est tout ! (Même si pour moi le roman a quand même ses défauts…)

Le Journal de Gurty (Parée pour l’hiver) de Bertrand Santini 🐶

Le Journal de Gurty #2

~ 4ème de couverture ~

Tremble, Provence ! Gurty est de retour pour les vacances d’hiver. À peine arrivée, elle part en vadrouille pour annoncer son retour. Hourra ! Ils sont tous là ! Fleur, Tête de Fesses ! L’écureuil qui fait hi hi. Tiens ! Il y a même un nouveau voisin bizarre…

Les saisons changent, mais les vrais amis restent, même ceux qui énervent ! Avec eux, Gurty compte bien profiter des joies de l’hiver – et par la même occasion, se débarrasser de l’ATROCE petite amie de son maître, qui a l’impudence de vouloir s’installer sous leur toit !

Pas de souci : entre les batailles de neige, la chasse aux châtaignes et les roupillons devant la cheminée, avec Gurty, on s’éclate été comme hiver.

~ Mon humble avis ~

Quel bonheur de retrouver Gurty, cette petite chienne malicieuse qui m’avait fait passer de si bons moments en ce début d’année ! Dans ce deuxième tome Gurty nous raconte toujours ses vacances – mais cette fois-ci pendant l’hiver, à la montagne. Avant de partir à sa maison de vacances en Provence, Gurty est néanmoins chagrinée par l’intrusion des fiancées successives de Gaspard, son maître, dans leur paisible quotidien. Mais la petite chienne n’a rien perdu de son esprit joueur et intrépide depuis l’été, ça, je vous le promets !

Gurty est adorable …bien qu’elle fasse toujours autant de bêtises

Ces livres nous plongent dans les pensées d’une petite chienne hors du commun, pour qui la vie de tous les jours est une fête, et le monde un immense terrain de jeu. Alors quand elle quitte pour quelques temps la ville pour le grand air frais de la campagne, Gurty est tellement excitée que sa queue bat comme un essuie-glace ! D’autant qu’elle retrouve son amie Fleur, une petite chienne gaffeuse qui se retrouve toujours dans des situations pas vraiment avantageuses, Tête de Fesses aka l’ennemi juré de Gurty, qui est un chat avec une tête de fesses et dont on oublie même le véritable non à force de le surnommer ainsi (le pauvre). Et il y a aussi toute une ribambelle d’animaux (dont le Club Atroce des Chats Abrutis ou le C. A. C. A. pour les intimes) qui apportent tous leur grain de sel dans l’histoire. Les journées de Gurty sont donc vraiment bien chargées et hautes en couleur ! Au programme : des glissades dans la neige, des friandises, des chamailleries avec des chats, une discussion avec un écureuil dont on ignorait qu’il était doué de parole, et mille et un plans sur la comète.
J’ai encore beaucoup ri en suivant Gurty dans toutes ses péripéties hivernales ! Le Journal de Gurty, c’est vraiment comme un bonbon, un livre doudou à lire bien calé(e) dans son plaid, avec la certitude de passer un bon moment. L’univers de Gurty semble toujours inépuisable, la petite chienne est toujours parée pour nous surprendre avec ses idées farfelues. La tonalité de ce deuxième tome est donc toujours aussi légère, hilarante et irrévérencieuse !

Des fiancées encombrantes

Néanmoins j’ai mis quatre étoiles et non pas cinq, tout simplement parce que, comme Gurty, je n’ai pas apprécié la présence des fiancées de Gaspard ! C’est surtout le personnage de Myrtille (pour ceux qui l’ont lu vous voyez ce que je veux dire) que j’ai trouvée trop excessif dans sa cruauté (c’est vraiment une psychopathe, il faut l’enfermer). Un ennemi de plus, après tout pourquoi pas, mais moi je préfère quand on reste entre animaux, car quand l’ennemi n°1 est un humain je trouve ça assez bizarre… et flippant. Bref, hormis ce petit point négatif je suis contente de voir que l’auteur n’a pas perdu son imagination débordante entre les deux tomes. Ça vaut toujours autant la peine d’y jeter un coup d’truffe, si vous voulez mon avis !

Gurty est donc une chienne aussi vivace l’été que l’hiver et qui réserve toujours des surprises au lecteur. Cela confirme donc mon avis selon lequel cette série est à mettre entre les mimines de petits comme de grands lecteurs qui souhaitent passer un moment sous le signe de la joie et de la bonne humeur !

Gurty

Petite anecdote : Le mois dernier ma mamie a adopté un petit bichon. Comme on nous avait prévenu qu’il était très joueur (et là-dessus on ne nous a pas menti ! !) j’ai pensé à l’appeler Gurty, ce qui a plu à ma grand-mère, avec qui j’ai partagé de bons moments de lecture avec ces livres (oui, je viens d’avoir vingt ans mais il n’y a pas d’âge pour partager ce genre de moments avec sa famille ♥). Du coup, je suis heureuse que cette petite boule de poils porte ce nom, d’autant qu’il est aussi espiègle que la Gurty originale ! :p Voici la bête :

Gurty(il a pas l’air comme ça mais il cache bien son jeu)

Sur ce, si on se quittait sur un gif mignon ?

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Phobos, Tome 2 : Il est trop tard pour oublier de Victor Dixen 🚀

Phobos #2

~ 4ème de couverture ~

Reprise de la chaîne Genesis dans
3 secondes…
2 secondes…
1 seconde…

Ils croyaient maîtriser leur destin.
Ils sont les douze pionniers du programme Genesis.
Ils pensaient avoir tiré un trait sur leur vie d’avant pour devenir les héros de la plus fabuleuse des odyssées.
En réalité, ils sont les victimes de la plus cruelle des machinations.
Elle croyait maîtriser ses sentiments.
Sur Mars, Léonor espérait trouver la gloire et, pourquoi pas, l’amour.
Elle pensait pouvoir ouvrir son cœur sans danger.
En réalité, elle a ouvert la boîte de Pandore du passé.
Même si les souvenirs tournent au supplice, il est trop tard pour oublier.

Le deuxième tome haletant du thriller spatial de Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire.

Phobos #2

~ Mon humble avis ~

Phobos : késako ?

Si vous n’avez pas entendu parler de cette saga qui a fait grand bruit et dont tous les tomes commencent par « Il est trop tard pour… bidule chouette » : pas de panique ! Il s’agit d’un des phénomènes littéraires français les plus appréciés en Young Adut (bon, il faut dire que je n’en connais pas des masses d’autres non plus). Le spitch est très simple et très alléchant : 6 garçons et six filles ont été sélectionnés pour participer au programme de télé-réalité « Genesis » qui a pour but d’envoyer ces jeunes gens sur la planète Mars afin de la coloniser, rien que ça ! Durant leur voyage dans l’espace ils se rencontrent lors de speed-dating (tome 1). Malheureusement pour nos astronautes de l’amour, rien ne va se passer comme prévu, et le rêve tourne vite au cauchemar…

Si vous n’avez pas lu le tome 1 et qu’il vous intéresse je vous déconseille de lire ce qui suit, car je risque de vous spoiler. Je répète : je risque de vous spoiler.

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***

J’ai lu le tome 1 au mois de janvier et j’avais été plutôt séduite par l’ensemble du livre. J’avais remarqué (comment ne pas les remarquer quand ils sont aussi visibles que le nez en plein milieu de la figure…) de nombreux clichés, que ce soit dans les personnages ou dans les dialogues. Pourtant j’étais passé outre, en me disant qu’il fallait bien faire avec ce genre de défauts quand on s’attaque à de la littérature jeunesse/adolescente.

GRAVE ERREUR DE JUGEMENT

NON : ce n’est pas parce qu’un livre est destiné à un jeune public qu’il comporte forcément des personnages caricaturés, à la psychologie aussi développée qu’un escargot. (Je suis méchante ? Oui, peut-être un peu.)

94c18979-80a9-4596-8e24-df2b1e557befEn tout cas, j’ai réellement pensé qu’il fallait faire avec ou ne pas se tourner vers la Young Adult.
Or, il y a quelque de temps, j’ai regardé une vidéo de la booktubeuse Flo Bouquine, dans laquelle elle poussait un coup de gueule contre le premier tome. Elle disait notamment que Léonor, l’héroïne, est une énorme déception dans la mesure où elle se vante avant de partir d’être au-dessus de ces histoires de cœur et que ce qu’il l’intéresse c’est de réaliser son rêve en allant dans l’espace. Soit. Pourtant la belle rouquine va très vite se retrouver au centre des convoitises, et, bien sûr : dans un triangle amoureux. On nous vendait une héroïne originale qui sait ce qu’elle veut, et on se retrouve avec une midinette qui fond sous le regard de braise du beau Marcus et la peau mate du beau brésilien Mozart… Alors oui, il y a de quoi être déçu.
Bref, j’ai réalisé que j’avais sous-estimé toute la littérature jeunesse en portant ce jugement, et qu’à l’avenir je ferais bien de ne pas mettre de côté mon esprit critique, car esprit critique n’est pas incompatible avec littérature jeunesse, et HEUREUSEMENT !
Ainsi j’ai entamé ce deuxième tome avec autant d’envie (de retrouver l’univers de la saga, de connaître la suite après un gros cliffhanger) que d’appréhension : cette fois, pas de cadeaux.
Léonor et toute la clique vont donc atterrir sur Mars, se marier, découvrir leurs nouveaux habitats, bref devenir de vrais martiens modèles devant l’œil des caméras et de la cruelle Serena McBee, grande prêtresse du programme Genesis

Une histoire d’amour guimauve, passe encore… Mais six ! !

J’ai eu un vrai ras-le-bol avec ce second tome, surtout, oh oui surtout à cause de la façon dont la romance entre les personnages est mise en scène. C’est tout simplement imbuvable. Les filles sont toutes à se pâmer d’amour devant leurs beaux mâles – bel exemple que Kris, dont le petit copain alias « son Prince des Glaces » (il vient de Russie… d’où le surnom…) devient tellement jaloux et possessif qu’il l’empêche de respirer, sans que pour autant elle exprime son désaccord ou la volonté de faire ce qu’elle veut. Bref, les filles sont aux petits soins de leurs hommes en qui sont réunies toutes les qualités du monde. Chaque couple habite dans un « Nid d’amour » : comme le nom des appartements convient bien à cette colocation cucul la praline ! Les dialogues sont niais au possible à tel point que j’avais du mal à comprendre comment l’auteur pouvait écrire de telles inepties dignes d’une collégienne, et ce sérieusement.

Je sens la caresse de son souffle chaud sur mon front…
Et je hume son odeur : il sent l’écorce chauffée au soleil, la fougère tendre, la vie animale qui se réveille dans un sous-bois au printemps. C’est donc cela, le parfum de Marcus ! C’est le parfum de sa voix cassée, de ses yeux grisaille, de la forêt de tatouages qui foisonne sur sa peau

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Quel regard sur la télé-réalité ?

Si le projet de Victor Dixen m’intéressait au début, c’était surtout pour avoir mis en scène une émission de télé-réalité qui prend des proportions énormes, et qui montre vers quelles dérives pourrait – hypothétiquement, dystopiquement – nous entraîner la télé poubelle d’aujourd’hui. La manière de traiter le sujet est originale et s’adresse à un jeune public : que demander de plus ! ? Pourtant, je commence à avoir des doutes sur cette soi-disant critique. Car je trouve que la saga ne nous donne qu’à lire des choses que justement on retrouve dans ce genre de programme, c’est-à-dire des dilemmes amoureux et des tensions. Léonor va-t-elle choisir Marcus le beau brin ténébreux tatoué ? Ou choisira-t-elle Mozart le brésilien aux cheveux bouclés ? Mozart est-il toujours amoureux de Léonor ? Quel secret le mystérieux Marcus cache-t-il ? Au niveau de l’intrigue, il y a toujours une part intéressante avec de l’action et des rebondissements concernant ce qui nous intéresse vraiment : comment vont-ils s’en sortir ? Mais malheureusement il y a autant de parenthèses sentimentales aussi mièvres qu’inutiles.

Adios, Phobos

Tout ça pour dire que non, je n’ai apprécié ce deuxième tome maintenant que j’ai plus d’exigences envers la saga. Je trouve l’écriture bâclée, trop convenue. Un beau gâchis pour une saga qui avait beaucoup de potentiel ! (Enfin, ce n’est que mon avis.)
Après réflexion, même si je serais curieuse de savoir ce qu’il se passe dans le tome 3 dont la fin a marqué les lecteurs, et même si la saga est très dépaysante et que j’aime beaucoup ce qu’a imaginé l’auteur (le Cupido, New Eden…) je ne continuerai pas l’aventure car j’ai vraiment l’impression d’être face à un vide intersidéral par moments… (lol)

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La Passe-miroir, Tome 1 : Les Fiancés de l’hiver de Christelle Dabos ❄️

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~ 4ème de couverture ~

Sous ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, la jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Le premier livre d’une grande saga fantastique, qui a révélé le talent exceptionnel d’un nouvel auteur.

« Tout a commencé par une image. Un visage sorti d’un miroir. Etait-ce Ophélie qui entrait dans mon monde ou moi dans le sien ? Je ne sais plus. Ce dont je suis certaine, c’est que nous serions heureuses toutes les deux de vous accueillir de l’autre côté… » Christelle Dabos.

Lauréat 2013 du Concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama.

Grand Prix de l’Imaginaire 2016.

~ Mon humble avis ~

Ça y est ! Enfin j’ai découvert le phénomène de La Passe-miroir de Christelle Dabos avec ce premier livre intitulé « Les Fiancés de l’hiver ». Alors, qu’on se le dise tout de suite : je n’ai pas participé à l’engouement général autour de cette saga, et j’en ai vraiment de la peine. Pourtant l’univers de l’auteure est unique en son genre, très original : nous suivons un petit bout de femme qui s’appelle Ophélie, passionnée d’archives elle mène une vie plutôt paisible jusqu’à ce qu’on lui annonce qu’elle va devoir épouser un homme qu’elle n’a jamais vu, et qui habite sur une autre arche que la sienne. Car le monde tel que nous le connaissons a apparemment volé en éclats, qui ne sont autres que des « arches », de petits mondes flottants. Tout ne va pas se passer comme dans le meilleur des mondes pour l’héroïne qui va se retrouver confrontée à des familles aussi mystérieuses que cruelles.

Dès les premières pages, j’ai cru que ce livre allait me plaire : l’action démarre très rapidement, et l’univers très particulier de l’auteure se dessine au fur et à mesure. J’ai beaucoup aimé le fait que les objets sur Anima peuvent se réparer d’eux-mêmes, soient animés, ça m’a fait penser au Château d’Edward Carey.
J’ai commencé à être dubitative lorsque l’héroïne arrive dans sa nouvelle demeure. La situation dans laquelle elle se retrouve avec sa tante est très frustrante, je comprenais pourquoi Ophélie ne pouvait pas se permettre de s’opposer totalement à l’autorité de Berenilde (la tante de son fiancé), assez odieuse. Malgré tout j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, et que les péripéties, toutes dirigées vers l’héroïne qui en prend plein la figure, devenaient redondantes. Malheureusement je n’étais pas au bout de mes peines puisque le roman poursuit sur cette note jusqu’à la fin, où Ophélie semble se réveiller – enfin.
Bref, beaucoup de lecteurs louent la fluidité de l’écriture de Christelle Dabos : j’ai aussi apprécié la plume de l’auteure, très simple, sans jamais de fioritures ; pourtant ça ne m’a pas propulsée dans cette lecture que j’ai eu du mal à terminer.
C’est très bizarre, en fait, parce que j’ai beau ne pas avoir aimé le livre plus que cela, je n’ai rien à lui reprocher : je pense qu’il s’agit d’un sentiment tout à fait personnel, qui a fait que je n’ai pas accroché à cette saga alors que tous les ingrédients étaient là. Je comprends donc le succès qu’elle obtient et que je trouve mérité malgré tout ! Christelle Dabos a une imagination de dingue, une belle plume, et d’après ce qu’on peut voir dans ce tome d’introduction, un très beau projet de saga, hyper riche.

Voilà, je n’ai pas été subjuguée par ce livre, par ses personnages, j’ai trouvé cela sympathique (et encore j’ai galéré à avancer dedans…), mais sans plus. J’ai trouvé que les 500 pages n’étaient pas nécessaires pour ce tome où il ne se passe pas tant de choses que cela. Adieu mes attentes d’une saga riche d’aventures et de féerie ! Tant pis pour moi !

COUP DE CŒUR. Le Journal de Gurty (Vacances en Provence) de Bertrand Santini

 

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~ 4ème de couverture ~

Quand j’étais petite, je croyais que je m’appelais « Arrête ».
Mais c’était parce qu’on me criait tout le temps « Arrête ! ».
Maintenant je sais que je m’appelle Gurty, et tant mieux : c’est plus joli.

~ Mon humble avis ~

Gurty, Gurty, Gurty… sacrée petite bête. Autant le dire tout de suite : ma rencontre avec cette chienne a été un coup de cœur livresque, instantané. Dans ce livre, Gurty prend la plume (si si, il est écrit dans le livre que Gurty a rédigé et illustré le livre, le nom de l’auteur n’est qu’un leurre) et nous raconte ses vacances en Provence, où elle part tous les étés avec son « humain », qui se nomme Gaspard. Comme tous les chiens, il lui arrive de faire des bêtises, parce que la logique de Gurty est, comment dire… canine !
J’ai adoré ce livre, en le refermant, j’ai eu l’impression de dire au revoir à des amis qui allaient me manquer. Car il y a Gurty, mais aussi Fleur, son amie, elle n’est pas normale « mais faut pas se moquer », Tête de Fesses alias Jean-Jacques, un gros matou avec lequel Gurty demeure éternellement en conflit. La vie de ces animaux est bien remplie ! Quand Gurty ne va pas à la chasse à l’écureuil (l’écureuil qui fait hi hi, très agaçant), Gurty tend des pièges à son ennemi juré, Tête de Fesses, papote avec son amie Fleur de choses et d’autres, dont les conversations ne sont pas toujours très logiques pour nous autres humains ! Que j’ai ri en lisant ce livre ! Certes l’humour pipi-caca marche toujours sur moi quand ça reste assez léger (si, parce que y a l’humour pipi-caca bien lourd, et puis l’humour pipi-caca pas « fin » mais vous voyez ce que je veux dire ? non ?), mais Le Journal de Gurty c’est aussi un humour absurde, tellement imaginatif ! Les illustrations sont parfois à elles seules hilarantes grâce aux mimiques gurtyesques qui ressortent tout de suite des dessins.
Lire Le Journal de Gurty c’est prendre un bon bol de rire, c’est frais, c’est bien écrit, les dessins sont mignons et drôles en même temps, la rigolade ne s’arrête jamais : comment s’ennuyer en lisant un livre pareil ? J’ai beau avoir 19 ans, je n’ai pas boudé mon plaisir, et peut-être que si plus jeune on m’avait mis un tel livre entre les mains j’aurais commencé à aimer la lecture plus tôt ! C’est un livre parfait pour les petits mais aussi pour les petits grands (comme moi). Et je peux vous dire que ça a même fait rire ma grand-mère, donc j’ai la conviction qu’il n’y a pas d’âge !
Enfin, cerise pour le gâteau à la fin du livre : des jeux (rébus et autres devinettes) qui m’ont vachement surprise lorsque que j’ai cru l’avoir terminé, cela m’a permis de profiter encore un peu de ces vacances provençales rocambolesques dont la fin me précipitait déjà dans la nostalgie !

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Phobos, Tome 1 : Il est trop tard pour regretter de Victor Dixen

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~ 4ème de couverture ~

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L’éternité pour s’aimer.

Il veulent marquer l’Histoire avec un grand H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

Elle veut trouver l’amour avec un grand A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour…

Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

Le premier tome de la nouvelle série de Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire.

~ Mon humble avis ~

Phobos est une saga dont j’avais entendu beaucoup de bien, et qui me tentait malgré que je ne connaisse rien à la Young Adult. Six filles et six garçons embarquent pour Mars afin de peupler la planète, sous l’œil des caméras embarquées dans le vaisseau, le Cupido. Ils participent à un jeu de télé-réalité pour trouver leur âme sœur, mais ils n’ont pour cela que quelques mois seulement. Quelques mois pendant lesquels ils ont l’occasion de se rencontrer lors de speed-dating de six minutes top chrono. Si vous pensez que tout va être rose dans le Cupido : détrompez-vous… Ce n’est pas que les prétendantes et prétendants font se crêper le chignon à force de rester enfermés dans un même compartiment pendant des semaines, tels les abrutis que nous donne à regarder la télé poubelle française tous les jours, non : là, il se pourrait bien que tout parte en cacahuète, pour de vrai de vrai.

Il fallait y penser !

D’abord, je trouve que l’idée de Victor Dixen est audacieuse, imaginer qu’une société de télévision complètement blindée et sans aucune éthique rachète la Nasa (qui permet ainsi d’éponger la dette des États-Unis) pour associer conquête spatiale et télé-réalité, c’est un très bon point de départ scénaristique, une véritable force. Nous sommes d’ailleurs dans une fiction qui n’est peut-être pas si éloignée de la réalité : entre nous, si jamais un tel programme voyait le jour, du genre « Les Marseillais à la découverte de Mars », on sait très bien que cela aurait du succès – malheureusement. Dans un monde où les spectateurs demandent de plus en plus de « réalité », le programme Genesis, qui illustre la manipulation des médias en même temps que la propension expansionniste des hommes, paraît terriblement crédible !

… un page-turner haletant…

Phobos est un livre qu’on dévore, tant l’auteur parvient à créer ce suspens qu’il prolonge tout au long du récit. Le système de narration est très efficace : il fonctionne selon deux types de focalisation. Il y a le « champ », qui nous permet de connaître la perception de Léonor, la prétendante à travers laquelle nous vivons l’expérience Genesis, et il y a le « hors-champ » où le récit nous permet de prendre l’air hors de la capsule – qui, à mon avis, deviendrait vite étouffante si nous ne restions qu’à l’intérieur – pour retourner sur Terre, dans les coulisses de la fabrication du programme, et même dans d’autres lieux, avec des personnages qui promettent de jouer un rôle majeur dans la suite. Le lecteur va être amené à avoir plus d’informations que les prétendants, d’où un effet d’attente intense et un désir de toujours avancer dans le bouquin, car nous sommes prévenus dès le début : tout ne va pas se dérouler comme prévu pour cette odyssée romantique de l’espace…

… malgré quelques maladresses…

Il y a des petites choses que j’ai trouvées un peu maladroites dans ce premier tome, mais c’est peut-être à cause de moi, qui revient subitement vers de la littérature jeunesse et qui n’a peut-être pas l’habitude aux « codes » du genre, en tout cas ce sont des défauts qui ne sont pas gênants, mais qui m’ont fait lever les yeux au ciel par moments. C’est dommage, à mon sens, qu’un premier tome qui prend le temps de présenter chaque personnage (il y en a quand même 12 plus ceux restés sur Terre !) ne les fouille pas complètement. Hormis Léonor, tous les personnages correspondent plus à des types qu’à des individus particuliers : Kelly la belle gosse qui, forcément, a un nombril au percing et mâche du chewing-gum h24, Fangfang la singapourienne alias Madame je sais tout, véritable Schtroumpf à lunettes qui ne plaisante pas sur le protocole, sans oublier Alexeï le beau russe blond aux yeux bleus et aux muscles de rêves qui apparaît comme un preux chevalier aux yeux de Kirsten, la belle allemande bercée de romances à l’eau de rose… Bref, il faut se prendre au jeu, et ne pas s’arrêter toutes les secondes à ce genre de clichés car ils sont tous dans cette veine-là, le Brésilien vient des favelas de Rio, le Japonnais ressemble forcément à un personnage un peu barré de manga… On peut aussi noter de nombreuses lourdeurs dans les dialogues (aux secours les techniques de drague pourries !!!), même si on peut pardonner l’auteur en se disant que ces jeunes gens doivent avoir les hormones qui les démange, d’autant qu’ils n’ont pas vraiment de temps à perdre. Pour finir cette liste, je parlerais aussi de l’obsession capillaire que semble avoir l’auteur, qui ponctue son récit de nombreuses comparaisons autour des cheveux des personnages féminins, Victor Dixen a un clairement un kiff avec les veuchs en apesanteur, bon, on va pas non plus lui faire un procès pour ça.

Phobos n’est donc pas un coup de cœur pour cette première lecture de l’année mais une très agréable lecture que j’ai dévorée sans modération. Ce livre rendrait addict n’importe quel lecteur – ou presque –, il est très habilement construit et le cliffhanger à la fin ne manquera pas de vous donner envie de lire la suite, j’en suis sûre !

Lou, Tome 7 : La cabane de Julien Neel

Lou #7.png~ 4ème de couverture ~

Retour aux sources…

Pour les vacances, Lou a décidé d’emmener ses copines sur la terre de ses ancêtres : à Mortebouse, où la 4G est inexistante ! Le lieu idéal pour s’affranchir des choses superficielles du monde moderne et entrer en communion avec la nature, il paraît que c’est super tendance. L’occasion de revoir Paul, aussi… Point d’orgue de ce programme « retour aux sources » : la construction d’une cabane, sur le terrain de la grand-mère de Lou.

Cette année, retrouvez Lou en compagnie de sa maman, de Mina, Paul, Tristan, Mister Juice, mais aussi d’une myriade d’autres personnages ! Un tout nouvel album dans lequel Mortebouse forme aussi l’épicentre d’une mystérieuse singularité…

En décrivant, d’un regard juste et touchant, le quotidien d’une jeune fille d’aujourd’hui, saupoudré d’une subtile touche de pop-culture, Julien Neel a insufflé une touche de fraîcheur et de sensibilité alors inédites à la bande dessinée. Lou !, c’est la synthèse parfaite entre série grand public et œuvre d’auteur personnelle, ce qui en fait un véritable joyau du 9e Art. Acclamée par la critique et le public, traduite dans une vingtaine de langues, la série a ainsi remporté de nombreux prix (dont le prix Jeunesse du festival d’Angoulême par deux fois), s’est vendue à 2,5 millions d’exemplaires, a été adaptée en série animée puis au cinéma par Julien Neel lui-même !

Elle a surtout su conquérir le cœur d’un public de plus en plus large. Grands et petits, filles et garçons, tous se jetteront sur ce nouvel album pour découvrir la suite du destin de l’adorable Lou, qu’ils ont eu le plaisir de voir grandir au fil des tomes !

~ Mon humble avis ~

Enfiiiiin ! Tous les fans de Lou se réjouissent : le tome 7 a finalement vu le jour ! Finalement, car nous l’attendions tous, le dernier tome étant sorti il y a quatre ans (mais oserait-on se plaindre alors qu’on doit ce laps de temps à la réalisation du film Lou, sorti en 2014 ? franchement, je crois que c’est plutôt excusable quand on fabrique une telle merveille). Alors oui, le tome 6 a quand même été super décevant pour la quasi-totalité des lecteurs assidus de Julien Neel, qui nous laissait dans le brouillard le plus épais. Moi aussi, je voulais des explications. Seulement ce qu’on ne pouvait pas savoir, c’est que cet opus et le suivant devaient être conçus comme un diptyque, c’est-à-dire que le tome 7 devait répondre aux questions posées par le tome 6… Mais un film est venu s’immiscer dans les plans de l’auteur, qui nous a fait patienter plus longtemps que prévu ! Alors, quatre ans plus tard, ça y est, on a la suite entre ses mains, et on a super hâte de comprendre.

Dans cet avant-dernier tome de la série, nous retrouvons avec bonheur tous les personnages que nous avons aimés : Lou, évidemment, sa mère, son chat aux multiples surnoms, son meilleur ami Paul, Tristan, les très guimauves Jean-Jean et Mina, la (post)gothique Marie-Émilie, ses parents chelous… Avec de nouveaux personnages – secondaires, certes – ce tome est pour nous le tome de la nostalgie, alors que la saga voit poindre sa fin prochaine…
Au bout d’un moment, et si on est comme moi (c’est-à-dire longue à la détente) on se rend compte qu’il y a un truc qui cloche. Car les personnages font référence aux vacances du tome 4 comme si une année seulement venait de s’écouler : et pour cause ! Nous sommes dans un flash-back, soit avant les étranges événements cristalloïdes/bizarroïdes du tome 6, et nous allons donc obtenir des indices sur les causes de ce bouleversement dans l’univers de la BD.
Néanmoins, le tome ne soulève ces indices qu’à la toute fin, ce qui permet à l’histoire d’être divertissante, drôle, fraîche, comme on l’aime. Nous retrouvons l’incroyable antipathie de la grand-mère de Lou, qui nous réserve une sacré surprise, et la bande de copines, qui s’ennuierait rapidement à Mortebouse, décide de fabriquer une cabane dans les bois. Ce chantier va prendre vie sous les yeux du lecteur qui s’émerveillera sans doute du résultat… (Sérieux ? Qui n’a jamais rêvé d’une « cabane » comme ça ?)
Mais même si la bonne humeur, l’amitié et l’amour sont là, j’ai vraiment ressenti un changement dans le ton de la BD, dans la continuité de la séparation entre Richard et la mère de Lou, finalement. Lou grandit et Julien Neel fait évoluer avec elle la réalité qui l’entoure, plus sombre, moins idéale, mais forcément plus réaliste et dans laquelle certains lecteurs qui comme moi apprécient ce mélange pourront se retrouver davantage encore. L’auteur ne cède décidément pas à la facilité en introduisant des thèmes délicats comme la perte du sentiment amoureux, ou bien le manque de confiance en soi, le doute qui s’installe dans la relation avec les autres, la question de l’éternité d’un premier amour.
En relisant la série, on pourrait dénicher assez d’indices pour trouver la clé de l’énigme, a confié Julien Neel. J’ai bien ma petite hypothèse sur la question, mais les conjectures peuvent être multiples, car ce tome a aussi son lot de mystères, notamment avec le personnage de « Clément Fifrelin » et ses bandages autour de la tête…

J’ai donc beaucoup apprécié ma lecture, même si je dois dire que l’auteur est définitivement cruel de relancer à nouveau le suspens sachant qu’il va falloir attendre – combien de temps, on l’ignore – pour connaître la suite, qui sera en plus la fin de la série ! Mais, prenons notre mal en patience, car les bandes dessinées de Julien Neel en valent toujours la peine.