ABANDONNÉ. Outlander, Tome 1 : Le chardon et le tartan de Diana Gabaldon ⛰

Outlander #1~ 4ème de couverture ~

1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale continue de vouer un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille.

Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

Le début d’une série incontournable !

~  Pourquoi j’ai abandonné ce livre ~

Outlander… Une saga pleine de promesses ! Depuis le succès de la série télévisée, difficile de passer à côté ! Il s’agit d’une saga monumentale (elle comporte neuf intégrales il me semble, chacune ayant la taille d’un parpaing) dont l’histoire se déroule en Écosse, au XVIIIème siècle. Outlander est à la croisée du roman historique, de la romance et certains diront même de la SF au vu du voyage dans le temps qu’effectue l’héroïne. Celle-ci, initialement infirmière pendant la Seconde Guerre mondiale ne va pas profiter longtemps des retrouvailles avec son mari Franck. À peine se sont-ils retrouvés que Claire, lors d’un voyage en Écosse sur les traces des ancêtres de son mari se trouve mystérieusement propulsée dans les Highlands de 1743.

Un voyage prometteur

La saga avait vraiment de quoi me séduire. Tout d’abord j’ai été agréablement surprise par la documentation fournie de l’auteur qui nous livre des détails historiques précis, on sent qu’elle a – en tant qu’ancienne universitaire – été loin dans ses recherches pour étoffer le cadre de son histoire et lui donner beaucoup de réalisme. Les landes écossaises, cette nature sauvage des Highlands, tous ces paysages sont somptueux et on se laisse facilement embarquer, avec Claire et toute sa clique d’hommes bourrus (elle va très vite être sous la surveillance d’un clan). Malheureusement toute cette jolie histoire s’est très vite gâtée même si j’ai persévéré, persévéré pour y croire.200w_dMais quand ça passe pas, ça passe pas…

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Soyons clairs : l’héroïne étant catapulté au XVIIIème siècle dans une Écosse très arriérée où les hommes se conduisent littéralement comme des bourrins et à l’occasion des gros porcs, leurs remarques et gestes sexistes n’avait rien de surprenant, au début. Ça fait partie du lot, des désagréments liés à l’époque ! Et puis je me disais : « Elle vient du XXème siècle, elle saura prendre des risques pour les remettre à leur place, ce sera intéressant de voir comment elle va essayer de renverser cette domination limite primitive, et puis nous, lecteurs contemporains, pourrons nous identifier à elle ! »200w_dMon œil. Quand Claire s’offusque – si elle s’offusque – c’est plus par un reste de dignité (qui va diminuer peu à peu…) que par une réelle indignation viscérale. Claire elle est OK qu’on la traite comme un bout de viande, on peut lui toucher les fesses en passant, elle va trouver ça bizarre sur le moment et puis, oh, elle va s’y faire hein, puisque c’est comme ça que ça marche. J’avais confiance en le personnage de Jamie, qui lui avait un comportement a priori décent envers les femmes. ET PUIS IL Y A EU LA GOUTTE D’EAU. Une scène qui m’a fait halluciner et là je me suis dit : « Wow, ça devient trèès malsain. Ai-je vraiment envie de lire ça ? » Je ne vais pas spoiler mais sachez que le viol et la violence se mêlent dangereusement à l’érotisme, j’ai même l’impression que ça vire à l’obsession chez l’auteure qui doit avoir des délires chelous dans sa tête.

Bref, à l’inverse de l’héroïne je ne suis pas maso, j’ai donc préféré en rester là avec Outlander. Je comprends que l’on puisse aimer cette saga, je ne crache pas complètement dessus, il y a des bons côtés mais il y a des choses qui m’ont terriblement gênée, et dans ces cas-là vous conviendrez qu’il est difficile de prendre du plaisir dans sa lecture voire même de se détendre un tant soit peu ! Je n’ai lu que la moitié du livre (400 pages environ quand même) donc je ne juge pas vraiment le tome 1 dans son intégralité vu que j’ignore ce qu’il se déroule après ! En tout cas, Outlander ce n’est pas du tout ma tasse de thé.

~ Un petit extrait pour la route ♥ ~

Jamie

La Fille du Train de Paula Hawkins 🚆

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~ 4ème de couverture ~

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8 h 04 le matin, à 17 h 56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.
Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d’en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d’un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu…

« Addictif. » Télérama

« Un bijou de polar psychologique. » Le Figaro Magazine

~ Mon humble avis ~

La fille du train c’est Rachel, une femme en détresse d’une trentaine d’années : alcoolique, elle vient de rompre avec son mari et squatte chez une copine. Tous les matins elle prend le train de 8 h 04 à destination de Londres, où elle travaillait – avant – mais ça son hôte providentielle ne le sait pas. Tous les matins le train s’arrête devant une maison où vit un couple qui semble très heureux. Rachel imagine leur vie, leur invente des prénoms, comme des amis imaginaires. Mais la paisible routine des deux amoureux change brutalement : qui est cet homme, qui n’est pas Jason, qui embrasse Jess dans le coup ? trompe-t-elle son mari ? Le lendemain les journaux annoncent la disparition de Megan Hipwell, alias « Jess ». De spectatrice, Rachel va devenir actrice, pour le meilleur, et pour le pire…

Ce thriller psychologique nous plonge dans une atmosphère absolument angoissante, où les personnages semblent tous nourrir en eux des intentions malsaines. Même s’ils ne sont pas nombreux, leur ambiguïté fait qu’on s’en contente largement ! J’ai adoré suivre Rachel dans son enquête, apprendre à mieux la connaître aussi. Le suspense est extrêmement prenant à tel point que j’avais du mal à lâcher ma liseuse, on veut lever le voile sur toute cette affaire comme le personnage de Rachel qui aimerait bien savoir ce qu’elle fait durant ces trous noirs quand elle est ivre, et qui laissent un mystère permanent.
Il s’agit donc d’un vrai page turner très efficace, où les différents points de vue des personnages alternent constamment. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler alors je ne dirais que ceci : foncez !
Ce livre a bien failli être un coup de cœur et pourtant il y a un problème (et non des moindres pour un thriller) c’est que j’ai deviné la fin dès le début… Je ne sais pas si cela fait de l’intrigue une intrigue prévisible pour autant. De toute manière cela n’a pas du tout gâché ma lecture, seulement les quelques dernières pages, où, forcément, quand on voyait venir le truc depuis 3 kilomètres c’est pas aussi fun.

On frôle le coup de cœur de près pour La Fille du Train mais cela reste une lecture mémorable qui m’a fait vivre beaucoup d’émotions, une lecture que j’ai dévorée ! Au vu du succès de ce roman chez les lecteurs en général je ne peux que le recommander moi aussi. En tout cas Paula Hawkins est une auteure à suivre ! !

COUP DE CŒUR. Le Golem et le Djinn de Helene Wecker

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~ 4ème de couverture ~

1899. De la Pologne à New York, Chava, mystérieuse femme d’argile affranchie par la disparition de son créateur, un rabbin qui s’est détourné de sa foi, prend peu à peu conscience du monde.
Après des siècles de réclusion, Ahmad, djinn de feu aux pouvoirs étranges, est libéré de sa prison par accident, dans l’atelier d’un artisan oriental.
Dans les dédales du Manhattan de l’époque, la rencontre de hasard de ces deux êtres d’exception, seuls à se voir tels qu’ils sont vraiment, va inspirer une magnifique histoire d’amour et de liberté sur fond de choc des cultures, au cœur d’un âge de tous les possibles.

~ Mon humble avis ~

Résumer l’intrigue de ce livre est difficile : moi même, en lisant la quatrième de couverture, je l’ai trouvée assez abracadabrante ! Nous sommes en 1899 à New York. Débarquant d’un paquebot provenant de Pologne: une mystérieuse femme, qui est en fait une golem, c’est-à-dire une femme d’argile créée par l’homme et faite pour être une esclave. Seulement, vu que son maître est mort durant la traversée, son destin est compromis, puisque elle en a besoin d’un. Pourtant, cette dernière va devoir redoubler de vigilance pour passer inaperçue, si elle veut survivre. Pas facile quand on fait la taille de Florent Manaudou et qu’on a la force d’un Terminator ! Parallèlement, une autre créature, non de terre mais de feu, va aussi devoir cacher sa vraie nature : un djinn sort subitement d’un flacon dans l’atelier d’un dinandier. Depuis combien de temps est-il là-dedans, il ne le sait pas, toujours est-il qu’un bracelet de fer au poignet atteste qu’il est prisonnier de son apparence humaine factice. Dès lors, ces deux créatures vont, soit encouragées de bienveillance, soit rejetées par méfiance, devoir s’intégrer à la communauté humaine, et poursuivre leur vie étrange dans le quartier syrien et le quartier juif du New York de 1899.

En commençant ce livre, j’ai eu assez peur de me perdre dans l’histoire car nous passons respectivement de la Pologne, à l’Orient, puis de l’autre coté de l’Atlantique, etc. Et je me suis dit que cette histoire serait peut-être trop farfelue à mon goût. Finalement, je suis devenue curieuse lorsque la Golem débarque à New York, sans ne rien connaître de cette ville, ni du pays, ni de rien du tout, en fait, pas même des gens. Cela m’a fait penser à la créature de Frankenstein qui va devoir acquérir des connaissances sur les comportements humains grâce à son observation, son expérience. Puis la Golem va faire une rencontre qui va lui sauver la mise et le danger qu’elle semblait courir s’efface, et une situation plus stable s’installe. Je pense qu’on peut à partir de ce moment-là avoir des doutes sur la destination vers laquelle nous emmène l’auteure, trouver des longueurs. Pourtant, avec le destin du djinn qui se déroule en même temps dans un autre coin de la ville, l’auteur a réussi a attiser ma curiosité : Que ce passerait-il si ces deux créatures se rencontraient ?
Mais si j’ai VRAIMENT accroché au bout d’un moment, c’est grâce à la ville qui se dessine à travers la plume de l’auteure, dont les descriptions sont toujours très belles, jamais lourdes, et très efficaces pour visualiser l’univers du roman. L’atmosphère qui se dégage peu à peu de cette lecture a vraiment été envoûtante pour moi, j’avais l’impression d’y être, simplement, que ce soit dans le désert, dans le quartier juif ou syrien, dans les allées de Central Park (à l’époque où on trouvait encore des enclos de moutons !). L’hiver, le froid et les flocons qui s’installent assez vite apportent d’autant plus de magie à l’histoire, de même que la nuit, très présente – puisque les deux créatures ne dorment jamais.
Comme je le disais plus haut, je pense que cette histoire pourrait rebuter certains lecteurs qui voudraient d’avantages d’action et de rapidité et moins de personnages disparates. Helene Wecker mise plus sur le développement de son univers et de ses personnages : d’où une immersion extraordinaire si on apprécie ce genre de procédé. Même si la quatrième de couverture promet une « romance », il n’en est rien, en tout cas ce n’est pas une romance dans le sens où on l’entend généralement. D’ailleurs, la puissance de ce roman réside aussi dans l’originalité de l’intrigue, j’ai beau chercher des histoires similaires, je n’en trouve pas, tant l’auteure mélange les cultures, les genres – du conte philosophique, du roman initiatique, de la fantasy en passant par la fiction historique – et en plus imagine une trame superbement imaginative !! L’intrigue ne s’essouffle jamais, elle se pose pour pour repartir de plus belle, enchaîne avec virtuosité désillusions et moments d’espoir, si bien que la suite des événements est toujours inattendue.
J’ai absolument adoré la manière dont le thème de l’exil, de l’étranger est développé, il devient tellement symbolique dans cette époque où immigrants de l’Europe de l’Est traversent l’océan pour découvrir le Nouveau Monde et découvrent la Statue de la liberté – dans laquelle se verra la Golem. Helene Wecker dépeint si bien l’égarement, la solitude de ces êtres loin de chez eux ! Bien sûr ce roman reprend aussi le thème de la créature qui échappe à son créateur mais il porte aussi une réflexion sur le libre-arbitre, le sens de l’existence humaine, ce qui constitue notre identité (nos actes ou nos désirs ?).

Le Golem et le Djinn a été une surprise livresque extraordinaire ! Je me suis plongée dedans sans trop savoir où je m’embarquais et j’ai été captivée par l’atmosphère du livre, ses personnages si attachants, sa mythologie et la magie qui s’en dégage. Pour un premier roman, je suis super impressionnée, c’est un livre très dense qui a dû demander tellement de documentation… ! Bref, c’est un gros gros coup de cœur pour ce livre que j’ai eu beaucoup de mal à refermer.

Voici la chouette bande-annonce qu’en ont fait les éditions Robert Lafffont ! 🙂

(Dire qu’il va falloir que j’attende 2018 pour la sortie du tome 2… u.u’)

Walking Dead, Tome 11 : Les chasseurs de Robert Kirkman et Charlie Adlard

walking-dead-11~ 4ème de couverture ~

Rick et ses compagnons, rejoints par le trio de l’ex-sergent Abraham, tentent de rallier Washington, le lieu où, selon Eugène Porter, tout aurait commencé. Sur la route, le groupe se sent épié, et ce n’est pas la rencontre fortuite d’un révérend qui va les rassurer. Réfugiés dans une église, la paranoïa s’installe. Pire que les zombies, les cannibales… Cette odyssée de la survie atteint un nouveau stade dans l’horreur. Cernés de toutes parts, certains membres devront sacrifier une partie de leur humanité pour survivre.

Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

~ Mon humble avis ~

Alors que le dixième tome de Walking Dead avait déçu certains lecteurs par son relatif calme (je dis bien « relatif », parce qu’il ne faudrait pas oublier l’énorme horde de zombies qui poursuit nos amis à la fin du volume), cette suite a l’avantage d’être très forte en rebondissements et images « choc », comme Kirkman les aime. Un concentré d’horreur qui vous glace le sang jusqu’aux orteils !

Tout d’abord je dois dire que même si ce n’est ni la faute de Kirkman, ni celle d’Adlard mais plutôt celle des éditions Delcourt, je n’ai pas tellement apprécié qu’on me spoile le contenu du comic dès la lecture de la 4ème de couverture. Mais passons.
Une fois de plus, notre ami Rick est dans ce délire chelou avec le fantôme de Lorie, avec qui il communique au téléphone. Si j’ai trouvé l’idée intéressante au début (c’est au tome 9 que Rick commence à avoir ces étranges conversations téléphoniques), là, clairement, cette habitude devient un peu lourde, car le lecteur sait très bien que ce personnage est hanté par le souvenir de sa femme et de sa fille, il n’est pas nécessaire de nous le rappeler à chaque fois, d’autant plus avec ces hallucinations répétitives. (En plus je détestais Lorie, donc j’aimerais mieux qu’on arrête de rappeler tout le temps son souvenir.)
Comme très souvent dans ce comic, le ton est tout de suite donné dès les premières pages. Si les jumeaux jusqu’ici avaient un rôle minime voire inexistant, disons-le, ce tome va très vite nous rappeler leur présence, pour mieux la supprimer ensuite. Car les enfants ont aussi leur lot de traumatismes… Deux d’entre eux vont commettre un geste irréparable, l’un étant flirtant avec la folie et ayant oublié la gravité de la mort ; l’autre se décidant à faire ce que les adultes n’osent pas faire, malgré qu’ils en aient la sombre intention. Au passage, soulignons que les jumeaux sont partis fugacement : à l’image de leur importance dans l’histoire. Encore une fois, Kirkman fait le ménage en se débarrassant des personnages inutiles, et ce n’est pas plus mal.
Il n’y a encore aucun répit pour nos compagnons qui voient arriver dans leur campement le mystérieux père Gabriel, un solitaire miraculeusement rescapé de l’apocalypse, qui va à leur rencontre en temps que pacifiste égaré. Méfiants, et forcés de l’être, même face à un homme de foi, ils ne seront pas complètement insensibles au récit terrifiant que celui-ci leur fera – le religieux devenant le pécheur confessant.
Enfin, ce tome est particulièrement marquant dans la mesure où il atteint le sommet de l’horreur, de l’ineffable. Comme beaucoup sans doute, en ayant regardé la série d’abord je n’ai pas été aussi surprise que j’aurais pu l’être. Le déroulement de l’épisode du cannibalisme est le même, si ce n’est que ce n’est pas le même personnage qui sera la victime de ces étrangers avides de viande fraîche. Mais même si la victime en question n’était pas entièrement inutile, je dois dire que j’avais tendance à m’en plaindre durant les lectures précédentes, donc je ne regrette pas cette perte. J’ai adoré ce tome car il franchit une limite encore plus extrême, à tel point qu’on imaginerait mal ce qui pourrait encore plus déshumaniser un homme, que de consommer la viande de ses propres enfants pour survivre.

Le mal que Rick est capable d’infliger aux autres semble de plus en plus incontrôlable, répondant par impulsion, plutôt qu’avec raison, comme celui qu’il était jadis au début de la série. Ne se contentant plus de faire les choix qui s’imposent pour protéger sa communauté, il suit une voie dangereuse vers la vengeance sanguinaire. Ce tome était donc génial au niveau du degré de terreur qui augmente, comme au niveau des questions qu’il soulève, cette fois-ci de manière encore plus percutante, sur ce que les survivants sont capables de faire pour sauver leur peau, quitte à renoncer totalement à leur humanité. C’était mortel, et on en reprendrait bien un morceau !

rick

Walking Dead, Tome 10 : Vers quel avenir ? de Robert Kirkman et Charlie Adlard

 

walking-dead-104ème de couverture :

Alors qu’ils se ravitaillent en ville, les survivants font une découverte intéressante : ils trouvent un mort-vivant cloué au sol par la faim. Ces créatures pourraient donc mourir ? En route vers Washington sur les conseils du mystérieux docteur Eugene Porter, Rick suggère de pousser un peu plus au nord, vers son ancienne ville, afin de faire le plein de munitions dans l’armurerie de son commissariat. Sur la route, l’impensable se produit…
La vérité sur l’apparition des morts-vivants se trouve à Washington ! Mais la route vers la capitale est encore longue…
Nouveaux personnages, nouveaux enjeux !
Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

Mon humble avis :

Le dixième tome de Walking Dead pose la question du devenir. En effet, alors que la stabilité de leur communauté au sein du pénitencier a été rudement remise en cause par la destruction perpétrée par le Gouverneur, Rick et ses compagnons de fortune doivent tout recommencer à zéro. Où aller ? Après leur rencontre avec trois nouveaux inconnus, une nouvelle quête apparaît. Car il semblerait que la capitale renferme en elle l’antidote pour guérir l’épidémie, selon Eugene, scientifique tirant ses sources du gouvernement même. Ils prennent donc la route pour Washington, sans plus tarder. Mais quelles surprises leur réserve le voyage ?…
Comme dans chaque tome développant moins l’action, Robert Kirkman prend davantage le temps et le soin de creuser les relations entre les personnages et leur psychologie. Si depuis quelques tomes déjà Dale exprimait son scepticisme quant au leadership de Rick, il se révèle ici encore plus déterminé à reprendre la route de son côté avec Andrea et les enfants. (Mais pars une bonne fois pour toutes, MERDE !) Des tensions apparaissent donc, notamment lorsque Rick décide de faire un détour pour retourner dans son ancienne ville, peut-être un peu par nostalgie, mais surtout pour récupérer des armes dans le commissariat où il officiait. Dans son quartier, il retrouve un personnage que nous avions tous un peu laissé aux oubliettes. Un retour qui nous fait prendre conscience du long chemin déjà parcouru depuis que Rick est sorti de l’hôpital en découvrant ce qu’il se passait. J’aime beaucoup le genre d’effet que cela procure, le lecteur est replongé dans le passé d’une histoire qui a déjà beaucoup évolué depuis son commencement.
En outre, même si une certaine séparation apparaît dans le groupe à cause de Dale, la distance qu’il y a entre Abraham et Rick s’amoindrit. Le duo part avec Carl qui est devenu assez mature pour affronter de plus près le danger. C’est alors en se contant mutuellement leur expérience qu’ils vont se découvrir plus de points communs qu’ils ne le soupçonnaient. Comment en sont-ils arrivés à un tel degré d’agressivité, de sang-froid ? Sont-ils devenus des monstres ? Ils sont changés, marqués par leurs cicatrices respectives, et ce qu’ils ont dû faire pour survivre. Et ils se retrouvent pris au dépourvu par trois individus armés, mais ce que ces derniers ne savent pas, c’est que Rick est prêt à tout, justement, pour survivre, et surtout pour défendre les siens. Comme si la mort de Lori et Judy l’avait enfiévré, il se montre particulièrement sans limites, et c’est tout simplement mortel !
Ce tome laisse poindre aussi de nouveaux phénomènes. D’une part, le groupe, en se ravitaillant, tombe sur un rôdeur cloué au sol par la faim, incapable de se déplacer, et donc inoffensif. Se peut-il qu’ils puissent s’affaiblir au point de ne plus être une menace ? D’autre part, Abraham qui avait parlé de « hordes » dans le tome précédent n’était pas pris au sérieux, pourtant, c’est bien une horde monumentale qui va le poursuivre lui, Rick et Carl. Une nouveauté dans la BD qui m’a particulièrement angoissée, – presque – comme si j’en étais aussi la cible. Brrr.
Un tome intelligent, donc, avec de bons moments de frayeur, un suicide presque réussi, une retrouvaille inattendue, une course poursuite haletante. Pas de cliffhanger cependant, ainsi on ne sait pas trop où nous emmène le suivant, et on espère que la route ne soit pas trop semée d’embûches…

Bilan du Week-end à 1000 ! ~ Août 2016

Ce week-end j’ai participé à la 15ème édition du Week-end à 1000 organisé par la blogueuse et booktubeuse Lili bouquine. Les règles du challenge sont très simples. Deux horaires : vendredi 19 heures, dimanche minuit. Dans ce laps de temps, il faut avoir lu 1000 pages. Romans, BD… à la guise de chacun ! Un week-end en immersion dans la lecture qui met notre concentration de lecteur/lectrice à l’épreuve. Fastoche pour certains, et très éprouvant pour d’autres. Car chacun à son propre rythme, mais pendant un week-end seulement, tous nous devons carburer à la même vitesse effrénée ! Bref, je me suis mise au défi de réussir le Week-end, et même si j’ai échoué de peu (à minuit je finissais de lire ma 981ème page), je suis fière d’avoir lu autant, moi qui me précipite rarement dans mes lectures. J’ai lu dans le canapé, j’ai lu dans le lit, j’ai lu sur ma serviette de plage, j’ai lu dans la voiture de jour, j’ai lu dans la voiture de nuit avec la lampe torche, j’ai profité de chaque instant de libre.

Voici les trois livres que j’ai lu durant le challenge :

Week-end à 1000 - Août 2016

La guerre des mondes de H. G. Wells :

Ai-je vraiment besoin de présenter La guerre des mondes ? Classé au rang des romans cultes de SF, on peut même aller jusqu’à dire que la science-fiction contemporaine découle de l’imaginaire de H. G. Wells, pionner en ce genre à son époque : le dix-neuvième siècle. Dans cette œuvre fondatrice, l’écrivain met en scène les doutes qui persistent concernant une possible vie sur la planète Mars. Loin d’être une thèse réfutée comme elle l’est aujourd’hui, celle-ci trotte dans les spéculations scientifiques et l’esprit du temps. Alors, lorsqu’un jour des météorites martiennes qui n’en sont en fait pas vraiment atterrissent dans la campagne anglaise, la foule accourt. Au lieu de météorites, d’immenses cylindres mystérieux. À l’intérieur ? Les Martiens. Géants de fer hostiles venus conquérir la Terre. La terreur et la destruction vont régner sur cette partie du globe, renversant le rôle dominant de la civilisation occidentale en victime traquée par d’effroyables monstres puissants.
S’il y a bien une chose qui surprend dans La guerre des mondes, c’est bien cela : l’incroyable dimension visionnaire des grandes capsules de métal hostiles représentant les extraterrestres, la chaleur intense émise par leurs rayons et avec laquelle elles réduisent tout en fumée sur leur passage, la rapidité avec laquelle elles donnent la mort – en réalité d’une violence inouïe. On imagine plus ces bestioles sorties de la tête d’un réalisateur contemporain tel que Spielberg que d’un écrivain de la fin du dix-neuvième, et pourtant… J’ai eu froid dans le dos en lisant certains passages, comme la soudaineté de la première attaque, les innocents tués sur place aussi rapidement que l’éclair, et les habitants qui contemplent, stupéfaits, avant de fuir, le danger que représentent les Martiens. Cependant je regrette qu’il y ait autant de longueurs, qui rendent le récit ennuyant par moments, en plus de la quasi-absence de dialogues qui auraient donné plus de vivacité à l’histoire. Mais la réflexion sur la nature humaine et la domination qu’elle se croit légitime d’exercer sur toutes les espèces inférieures, dans une époque marquée par la colonisation dessine, par un renversement des rôles ironique et cruel, une terrible leçon pour l’humanité.

Quartier lointain, L’intégrale de Jirô Taniguchi :

Fin des années 90 au Japon. Un homme, 48 ans, se rend en gare de Kyôto après sa journée de travail pour retourner chez lui, à Tôkyô. Hasard ou gueule de bois, toujours est-il que cet homme se réveille dans le mauvais train. Pourtant, le paysage qui défile ne lui est pas inconnu. Et pour cause : il se trouve dans le train qui va jusqu’à Kurayoshi, sa ville natale. Arrivé là-bas, ses pas le mèneront tout droit à son ancien quartier, ce quartier lointain enfoui dans sa mémoire… Entre réminiscence proustienne et fantastique, Hiroshi Nakahara va se réveiller plongé dans son passé, avec la possibilité de le revivre et, peut-être, qui sait, d’en changer le cours. Car l’homme qu’il est devenu, qui a développé l’habitude de boire et de s’absenter de la maison familiale, va se retrouver dans sa vie de jeune homme de 14 ans, en 1963. À la fin de l’été de cette année-là, son père a disparu, sans laisser de trace, et sans jamais donner de nouvelles par la suite.
Les dessins de Jirô Taniguchi sont d’une beauté à couper le souffle, les planches sont magnifiques, comme jamais je n’en avais encore vues. Bien qu’il s’agisse de l’histoire d’un enfant qui a grandi au Japon, et qui plus est dans les années 60, soit avec une culture qui diffère dans le temps et dans l’espace avec la mienne, elle arrive à se frayer un chemin dans le cœur du lecteur et à lui faire vivre mille émotions. Hiroshi revit avec une certaine incrédulité la vie qu’il avait alors, lorsque sa famille n’était pas encore dissoute par la fuite de son père, une vie heureuse en somme, qu’il peut savourer à nouveau. Mais il lui est évidemment impossible d’écarter l’inquiétude suscitée par la connaissance des intentions de son père. Hiroshi va tout faire pour essayer de comprendre, avec son expérience d’homme et de père de famille lui aussi, ce qui a pu le motiver à partir. Un parcours initiatique qui lui permet d’explorer l’histoire de ses parents, mais qui surtout, par effet miroir, lui offre une vision éclairée de sa propre existence…
Avec beaucoup de délicatesse et d’espièglerie, Jirô Taniguchi nous offre une expérience de vie. En refermant l’album, vous croyez connaître ce quartier, cette famille, ce lycée, ce prof de maths qui vous fait des remontrances, ces camarades de classe qui vous envient parce que vous sortez avec Tomoko, la plus belle fille du collège, vous avez l’impression d’avoir fait les quatre cent coups avec Daisuké, d’avoir fait des ballades illégales en moto avec le téméraire Masao. J’ai été très émue par cette histoire, à lire et à relire. C’est un album que je recommande à tous. Un coup de cœur.

Fight Club de Chuk Palahniuk :

On ne parle pas du fight club. 😉

Walking Dead, Tome 9 : Ceux qui restent de Robert Kirkman et Charlie Adlard

Walking Dead #9

4ème de couverture :

Seuls Rick et Carl, son fils, ont réchappé du massacre orchestré par le Gouverneur. Il leur faut désormais réapprendre à vivre avec la peur au ventre, chaque nouvelle rencontre pouvant être la dernière. La relative sécurité qu’ils avaient retrouvée au sein des murs du pénitencier n’est plus qu’un souvenir, et il revient désormais à Carl de soutenir son père, victime d’hallucinations de plus en plus préoccupantes. L’apocalypse a bien eu lieu… une deuxième fois !
Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

Mon humble avis :

Après une guerre de clans qui a passé un sacré coup de balai dans la communauté, Rick et son fils sont désormais seuls face à un monde hostile – bien que débarrassé de la folie vengeresse du Gouverneur. Un rapprochement entre père et fils qui va permettre à ce dernier d’exprimer son indépendance.
Carl est en effet confronté à la faiblesse de son père qui n’est plus en mesure de le défendre, alors qu’ils sont réfugiés dans une maison à l’abandon. C’est alors que ce petit garçon qui jusqu’ici jouait plutôt au cow-boy se révèle et enlève ce chapeau qui le rassurait tant, et, bien qu’énormément apeuré, se présente au danger seul. Pour moi ce tome est le tome de la révélation de Carl, celui qui clôt définitivement son enfance, l’obligeant à grandir d’un coup et à faire preuve d’un courage jusqu’ici jamais sollicité.
L’attention portée aux sentiments des personnages est aussi très poussée par rapport aux tomes précédents. Rick souffre des regrets inévitables qui viennent le hanter, lui qui a vu Lori et Judy se faire tuer devant ses yeux. Comme un casse-tête infini, ce père retourne le problème des centaines de fois dans sa tête, repassant sans cesse tout ce qu’il aurait pu faire pour les sauver… Bref, sa mauvaise conscience ne lui donne pas de repos, et sa femme viendra même le hanter d’une manière irrationnelle et magnifique. La présence d’un proche défunt vient aussi troubler Michonne, qui entretient des conversations avec son petit ami. Impossible d’oublier, donc, et chacun des personnages doit vivre avec ses fantômes…
La mémoire est la clé de voûte de ce tome. Si Rick et Michonne sont comme emprisonnés dans le souvenir, Sophia et Maggie, elles, s’enferment dans le déni et préfèrent oublier leur famille pour ne plus souffrir. Un enfermement dans le mensonge que les autres n’arrivent que trop peu à comprendre… D’où une solitude et un deuil différent à endurer pour chacun d’eux. Car même s’ils forment une communauté très soudée, il n’en reste pas moins qu’il y a des douleurs trop profondes qui ne peuvent se partager.
L’heure n’est pas à la célébration, et pourtant une perspective apparaît à l’horizon, apportant une coloration plus gaie à l’histoire. Et s’il était possible d’anéantir le virus ? C’est ce que leur confirme le scientifique du trio que la communauté rencontre. Après une discussion houleuse, Rick et ses compagnons décident de les suivre jusqu’à Washington. Un long périple à venir, donc, guidée par un espoir inattendu et propice…
Ce neuvième tome est celui qui m’a le plus touchée depuis le début de la série, et selon moi le plus abouti au niveau psychologique. Comme pour la série télévisée, je suis très contente que les personnages sortent de leur confortable prison pour retrouver l’insécurité du dehors (sadique ? moi ?). J’aime beaucoup aussi le nouveau personnage bourru et un brin beauf de Abraham, d’une vulgarité comique. Vivement la suite !

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