COUP DE CŒUR. Bilbo Le Hobbit de J. R. R. Tolkien 🗡

Bilbo Le Hobbit

~ 4ème de couverture ~

Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table. L’aventure lui tombe dessus comme la foudre, quand le magicien Gandalf et treize nains barbus viennent lui parler de trésor, d’expédition périlleuse, et du dragon Smaug… qu’il va affronter. Car Bilbo doit partir avec eux ! Et le plus extraordinaire, c’est que le hobbit affrontera tous les dangers, sans jamais perdre son humour, même s’il tremblera plus d’une fois.

Bilbo

~ Mon humble avis ~

Il y a des livres qui agissent sur nous, même une fois refermés, tant leur lecture nous a marqué : pour moi Bilbo fait partie de ceux-là. J’ai été emportée par le récit riche en aventures extraordinaires de Tolkien, et je me suis tellement attachée au personnage principal, ce petit bout de hobbit nommé Bilbo, beaucoup plus intrépide qu’il n’y paraît… L’histoire se déroule avant celle du Seigneur des Anneaux – que j’ai lu avant, pourtant, mais ça n’a pas été gênant du tout. Bilbo est donc un hobbit qui comme tous les hobbits aime à prendre du bon temps dans son trou de hobbit, enfoui dans une colline de la Comté. Son quotidien est paisible, fait de bons repas, de prélassements au coin du feu avec la pipe… Jusqu’à ce qu’un jour l’aventure vienne sonner à sa porte. Gandalf, un magicien très estimé, l’a choisi pour mener une conquête importante avec des nains qui les conduira jusqu’à la Montagne Solitaire, sous laquelle un dragon, Smaug, garde un trésor enfoui depuis des siècles… Neutraliser le terrible dragon dont toutes les légendes parlent encore, cela fait frémir le hobbit. Pourtant, celui-ci va se révéler un héros de choc dans cette mission à laquelle il va accepter de participer…

Un schéma narratif simple, et pourtant…

Bilbo le Hobbit est un roman dont la construction, a priori, ne révolutionne pas les codes de la fantasy : un héros a été choisi pour mener une quête d’un point A à un point B, mais le chemin est semé d’embûches qu’il devra surmonter afin d’arriver au bout. Pourtant, rien n’arrive machinalement, on s’attend à différentes épreuves et c’est davantage la manière dont Bilbo va réussir à s’en tirer qui nous intéresse plutôt que la nature des épreuves. Même si, là encore, les ennemis que vont rencontrer la bande à Bilbo sont très variés – et quand ce ne sont pas des ennemis en chair et en os, ce sont la faim, la soif et la fatigue. De fait ce livre est vraiment riche en aventures, avec un bon rythme, si bien qu’on ne s’ennuie ja-mais. L’action va beaucoup plus vite qu’à la lecture du Seigneur des Anneaux, qui est d’un style très différent mais tout aussi bon à mon avis. C’est un roman qui conviendrait parfaitement à de jeunes lecteurs, car n’y a pas de passages susceptibles d’être perçus comme des longueurs, et Tolkien a toujours cette petite note d’humour rafraîchissante, qui fait de Bilbo Le Hobbit un récit équilibré entre la gravité (ils courent quand même de grands dangers, ce n’est pas du vent !) et la légèreté qui émane du personnage principal.

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« Smog Vole Autour de la Montagne Solitaire », dessin de J. R. R. Tolkien © Tolkien Estate

400 pages de folles aventures, à vous donner une gueule de bois livresque une fois le livre refermé !

Non, ce titre est à peine exagéré, du moins, quand on vit le livre si fort ! Le talent de Tolkien est tout simplement génial (au sens littéral du mot), cet auteur est un vrai conteur d’histoires pour petits et grands. Des histoires qui vous emmènent dans un autre monde, peuplé de créatures féroces vivant au fin fond de l’obscurité des montagnes, de forêts où habitent des Elfes farouches, des ogres, des loups… J’ai eu l’impression de vivre cette aventure – presque – comme si j’y étais (oui parce que j’étais plutôt en mode « hobbit bien calé sous son plaid avec un bon thé chaud », en train de lire une histoire trépidante) (je pense que j’aurais vraiment vraiment eu les chocottes à la place de Bilbo, plus encore qu’à ma lecture, et surtout ce passage avec les araignées… Oh non, rien que d’y repenser je n’aime pas ça du tout ! ! !).

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De ce livre est née une nouvelle envie livresque

Afin de revivre ce genre d’émotions en lisant, je me suis dit que, puisque ce genre d’histoire me plaisait tant, il serait peut-être temps de me mettre à lire…

DE LA FANTASY !

Bah, oui, quand même, j’attends quoi, en fait ? Je suis sûre que je prendrais mon pied à lire certaines sagas mais, allez savoir pourquoi, je me suis toujours dit que ce genre de bouquins n’était pas fait pour moi.
Je pense m’être trompée.
J’adore quand les livres nous conduisent vers d’autres livres ! Je ne sais pas ce que ma découverte de la fantasy va donner mais il est grand temps que j’arrête d’éviter sans raison (ou parce que j’ai des préjugés) certains genres littéraires.

Bref, Bilbo est un énorme coup de cœur vous l’aurez compris. Un de ces livres que je relirais avec grand plaisir pour revivre des aventures uniques !

~ Ce qu’on peut écouter en lisant Bilbo Le Hobbit ~

La Passe-miroir, Tome 1 : Les Fiancés de l’hiver de Christelle Dabos ❄️

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~ 4ème de couverture ~

Sous ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, la jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Le premier livre d’une grande saga fantastique, qui a révélé le talent exceptionnel d’un nouvel auteur.

« Tout a commencé par une image. Un visage sorti d’un miroir. Etait-ce Ophélie qui entrait dans mon monde ou moi dans le sien ? Je ne sais plus. Ce dont je suis certaine, c’est que nous serions heureuses toutes les deux de vous accueillir de l’autre côté… » Christelle Dabos.

Lauréat 2013 du Concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama.

Grand Prix de l’Imaginaire 2016.

~ Mon humble avis ~

Ça y est ! Enfin j’ai découvert le phénomène de La Passe-miroir de Christelle Dabos avec ce premier livre intitulé « Les Fiancés de l’hiver ». Alors, qu’on se le dise tout de suite : je n’ai pas participé à l’engouement général autour de cette saga, et j’en ai vraiment de la peine. Pourtant l’univers de l’auteure est unique en son genre, très original : nous suivons un petit bout de femme qui s’appelle Ophélie, passionnée d’archives elle mène une vie plutôt paisible jusqu’à ce qu’on lui annonce qu’elle va devoir épouser un homme qu’elle n’a jamais vu, et qui habite sur une autre arche que la sienne. Car le monde tel que nous le connaissons a apparemment volé en éclats, qui ne sont autres que des « arches », de petits mondes flottants. Tout ne va pas se passer comme dans le meilleur des mondes pour l’héroïne qui va se retrouver confrontée à des familles aussi mystérieuses que cruelles.

Dès les premières pages, j’ai cru que ce livre allait me plaire : l’action démarre très rapidement, et l’univers très particulier de l’auteure se dessine au fur et à mesure. J’ai beaucoup aimé le fait que les objets sur Anima peuvent se réparer d’eux-mêmes, soient animés, ça m’a fait penser au Château d’Edward Carey.
J’ai commencé à être dubitative lorsque l’héroïne arrive dans sa nouvelle demeure. La situation dans laquelle elle se retrouve avec sa tante est très frustrante, je comprenais pourquoi Ophélie ne pouvait pas se permettre de s’opposer totalement à l’autorité de Berenilde (la tante de son fiancé), assez odieuse. Malgré tout j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, et que les péripéties, toutes dirigées vers l’héroïne qui en prend plein la figure, devenaient redondantes. Malheureusement je n’étais pas au bout de mes peines puisque le roman poursuit sur cette note jusqu’à la fin, où Ophélie semble se réveiller – enfin.
Bref, beaucoup de lecteurs louent la fluidité de l’écriture de Christelle Dabos : j’ai aussi apprécié la plume de l’auteure, très simple, sans jamais de fioritures ; pourtant ça ne m’a pas propulsée dans cette lecture que j’ai eu du mal à terminer.
C’est très bizarre, en fait, parce que j’ai beau ne pas avoir aimé le livre plus que cela, je n’ai rien à lui reprocher : je pense qu’il s’agit d’un sentiment tout à fait personnel, qui a fait que je n’ai pas accroché à cette saga alors que tous les ingrédients étaient là. Je comprends donc le succès qu’elle obtient et que je trouve mérité malgré tout ! Christelle Dabos a une imagination de dingue, une belle plume, et d’après ce qu’on peut voir dans ce tome d’introduction, un très beau projet de saga, hyper riche.

Voilà, je n’ai pas été subjuguée par ce livre, par ses personnages, j’ai trouvé cela sympathique (et encore j’ai galéré à avancer dedans…), mais sans plus. J’ai trouvé que les 500 pages n’étaient pas nécessaires pour ce tome où il ne se passe pas tant de choses que cela. Adieu mes attentes d’une saga riche d’aventures et de féerie ! Tant pis pour moi !

COUP DE CŒUR. Le Golem et le Djinn de Helene Wecker

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~ 4ème de couverture ~

1899. De la Pologne à New York, Chava, mystérieuse femme d’argile affranchie par la disparition de son créateur, un rabbin qui s’est détourné de sa foi, prend peu à peu conscience du monde.
Après des siècles de réclusion, Ahmad, djinn de feu aux pouvoirs étranges, est libéré de sa prison par accident, dans l’atelier d’un artisan oriental.
Dans les dédales du Manhattan de l’époque, la rencontre de hasard de ces deux êtres d’exception, seuls à se voir tels qu’ils sont vraiment, va inspirer une magnifique histoire d’amour et de liberté sur fond de choc des cultures, au cœur d’un âge de tous les possibles.

~ Mon humble avis ~

Résumer l’intrigue de ce livre est difficile : moi même, en lisant la quatrième de couverture, je l’ai trouvée assez abracadabrante ! Nous sommes en 1899 à New York. Débarquant d’un paquebot provenant de Pologne: une mystérieuse femme, qui est en fait une golem, c’est-à-dire une femme d’argile créée par l’homme et faite pour être une esclave. Seulement, vu que son maître est mort durant la traversée, son destin est compromis, puisque elle en a besoin d’un. Pourtant, cette dernière va devoir redoubler de vigilance pour passer inaperçue, si elle veut survivre. Pas facile quand on fait la taille de Florent Manaudou et qu’on a la force d’un Terminator ! Parallèlement, une autre créature, non de terre mais de feu, va aussi devoir cacher sa vraie nature : un djinn sort subitement d’un flacon dans l’atelier d’un dinandier. Depuis combien de temps est-il là-dedans, il ne le sait pas, toujours est-il qu’un bracelet de fer au poignet atteste qu’il est prisonnier de son apparence humaine factice. Dès lors, ces deux créatures vont, soit encouragées de bienveillance, soit rejetées par méfiance, devoir s’intégrer à la communauté humaine, et poursuivre leur vie étrange dans le quartier syrien et le quartier juif du New York de 1899.

En commençant ce livre, j’ai eu assez peur de me perdre dans l’histoire car nous passons respectivement de la Pologne, à l’Orient, puis de l’autre coté de l’Atlantique, etc. Et je me suis dit que cette histoire serait peut-être trop farfelue à mon goût. Finalement, je suis devenue curieuse lorsque la Golem débarque à New York, sans ne rien connaître de cette ville, ni du pays, ni de rien du tout, en fait, pas même des gens. Cela m’a fait penser à la créature de Frankenstein qui va devoir acquérir des connaissances sur les comportements humains grâce à son observation, son expérience. Puis la Golem va faire une rencontre qui va lui sauver la mise et le danger qu’elle semblait courir s’efface, et une situation plus stable s’installe. Je pense qu’on peut à partir de ce moment-là avoir des doutes sur la destination vers laquelle nous emmène l’auteure, trouver des longueurs. Pourtant, avec le destin du djinn qui se déroule en même temps dans un autre coin de la ville, l’auteur a réussi a attiser ma curiosité : Que ce passerait-il si ces deux créatures se rencontraient ?
Mais si j’ai VRAIMENT accroché au bout d’un moment, c’est grâce à la ville qui se dessine à travers la plume de l’auteure, dont les descriptions sont toujours très belles, jamais lourdes, et très efficaces pour visualiser l’univers du roman. L’atmosphère qui se dégage peu à peu de cette lecture a vraiment été envoûtante pour moi, j’avais l’impression d’y être, simplement, que ce soit dans le désert, dans le quartier juif ou syrien, dans les allées de Central Park (à l’époque où on trouvait encore des enclos de moutons !). L’hiver, le froid et les flocons qui s’installent assez vite apportent d’autant plus de magie à l’histoire, de même que la nuit, très présente – puisque les deux créatures ne dorment jamais.
Comme je le disais plus haut, je pense que cette histoire pourrait rebuter certains lecteurs qui voudraient d’avantages d’action et de rapidité et moins de personnages disparates. Helene Wecker mise plus sur le développement de son univers et de ses personnages : d’où une immersion extraordinaire si on apprécie ce genre de procédé. Même si la quatrième de couverture promet une « romance », il n’en est rien, en tout cas ce n’est pas une romance dans le sens où on l’entend généralement. D’ailleurs, la puissance de ce roman réside aussi dans l’originalité de l’intrigue, j’ai beau chercher des histoires similaires, je n’en trouve pas, tant l’auteure mélange les cultures, les genres – du conte philosophique, du roman initiatique, de la fantasy en passant par la fiction historique – et en plus imagine une trame superbement imaginative !! L’intrigue ne s’essouffle jamais, elle se pose pour pour repartir de plus belle, enchaîne avec virtuosité désillusions et moments d’espoir, si bien que la suite des événements est toujours inattendue.
J’ai absolument adoré la manière dont le thème de l’exil, de l’étranger est développé, il devient tellement symbolique dans cette époque où immigrants de l’Europe de l’Est traversent l’océan pour découvrir le Nouveau Monde et découvrent la Statue de la liberté – dans laquelle se verra la Golem. Helene Wecker dépeint si bien l’égarement, la solitude de ces êtres loin de chez eux ! Bien sûr ce roman reprend aussi le thème de la créature qui échappe à son créateur mais il porte aussi une réflexion sur le libre-arbitre, le sens de l’existence humaine, ce qui constitue notre identité (nos actes ou nos désirs ?).

Le Golem et le Djinn a été une surprise livresque extraordinaire ! Je me suis plongée dedans sans trop savoir où je m’embarquais et j’ai été captivée par l’atmosphère du livre, ses personnages si attachants, sa mythologie et la magie qui s’en dégage. Pour un premier roman, je suis super impressionnée, c’est un livre très dense qui a dû demander tellement de documentation… ! Bref, c’est un gros gros coup de cœur pour ce livre que j’ai eu beaucoup de mal à refermer.

Voici la chouette bande-annonce qu’en ont fait les éditions Robert Lafffont ! 🙂

(Dire qu’il va falloir que j’attende 2018 pour la sortie du tome 2… u.u’)