Saint-Exupéry, Tome 2 : Le Royaume des étoiles de P.-R. Saint-Dizier et C. Fernandez 🛩

Saint-Exupéry #2

~ 4ème de couverture ~

Ou le récit de comment Le Petit Prince est né…

1940. L’aventure de l’Aéropostale n’est plus qu’un lointain souvenir. Alors que la France sombre dans l’Occupation, Antoine de Saint-Exupéry débarque à New York, où il compte bien convaincre les Américains d’intervenir militairement. En attendant de pouvoir de nouveau voler, il se consacre corps et âme à l’écriture, puisant avec nostalgie dans ses souvenirs. De ses nuits de solitude et de profonde mélancolie naît en 1943 un conte pour enfants – Le Petit Prince – qui vient apporter en pleine guerre un peu de lumière, d’innocence et de merveilleux…

Après avoir découvert l’aventurier, ce deuxième volume consacré aux dernières années de Saint-Exupéry nous présente davantage l’écrivain et l’une de ses plus belles œuvres : Le Petit Prince.

~ Mon humble avis ~

Dans ce deuxième tome, nous sommes en 1940 au moment où Antoine de Saint-Exupéry débarque à New York pour faire la promotion de son nouveau roman, Terre des hommes. Il en profite pour essayer de convaincre les Américains de rentrer en guerre aux côtés des Français. Dans ce climat rempli de tension et d’inquiétude, l’auteur ne va pas supporter de rester en exil à l’étranger et va demander à remonter dans un avion, même s’il n’a plus l’âge pour cela. En parallèle, il passe des nuits en solitaire devant le manuscrit de son conte philosophique et poétique Le Petit Prince… Puis il remontera à bord d’un avion, dira un dernier au revoir à sa femme Consuelo, et ira rejoindre les étoiles…

Comment le petit prince est né

Si j’ai été déçue par le premier tome, qui relevait plus selon moi d’un hommage rendu aux pionniers de l’aviation française, celui-ci correspondait davantage à mes attentes. On y découvre un Antoine de Saint-Exupéry plus intime, mélancolique, solitaire, mais on y retrouve aussi cette figure héroïque, courageuse, lui qui est près à aller au devant du danger pour accomplir son « devoir ». Il est aussi profondément marqué par ses souvenirs de l’Aéropostale, et des frayeurs qu’il a eues. Tout ceci participe au contexte qui entoure la création de son conte devenu si célèbre ensuite. J’ai trouvé ce tome beaucoup plus riche et émouvant sur la personne de Saint-Exupéry. De plus, les dessins sont toujours aussi agréables à regarder.

J’ai bien fait de lire le deuxième tome malgré que je n’aie pas particulièrement apprécié le précédent car je trouve celui-ci meilleur. Il y a cette poésie qui manquait dans le premier volume. Une lecture intéressante !

Saint-Exupéry, Tome 1 : Le Seigneur des sables de P.-R. Saint-Dizier et C. Fernandez 🛩

Saint-Exupéry #1

~ 4ème de couverture ~

La grande aventure des pionniers de l’aviation

Octobre 1926. Antoine de Saint-Exupéry, qui rêve de devenir pilote d’avion, réussit à se faire engager à Toulouse pour travailler au sein de la compagnie Latécoère, future Aéropostale. Créée quelques mois après la Première Guerre mondiale, cette société relève le pari d’acheminer le transport du courrier par avion entre la France et l’Amérique du Sud via l’Afrique de l’Ouest. Très vite, Saint-Exupéry est dépêché à Cap Juby, une escale stratégique située en plein Sahara. Là, au contact des tribus nomades, le jeune pilote puise son inspiration pour l’écriture de son premier roman Courrier Sud. La genèse du Petit Prince, qui fera de lui un auteur mondialement reconnu, n’est pas loin…

Dans une subtile fiction inspirée de faits réels, Pierre-Roland Saint-Dizier et Cédric Fernandez vous proposent de retracer l’histoire de l’Aéropostale à travers le regard de ceux qui l’ont faite, parfois au péril de leur vie.

Ce titre a le soutien de la Fondation Antoine de Saint-Exupéry et tout album acheté contribue au soutien de ses actions en faveur de l’éducation des jeunes en difficulté.

~ Mon humble avis ~

J’étais curieuse de lire cette bande dessinée sur un auteur que j’admire particulièrement et en même temps dont je ne sais pas grand chose : Antoine de Saint-Exupéry. En deux volumes, Pierre-Roland Saint-Dizier (au scénario) et Cédric Fernandez (au dessin) nous racontent quelques épisodes marquant dans la vie du créateur du Petit Prince. Dans ce premier tome, nous suivons Antoine qui en 1926 tente d’intégrer la compagnie Latécoère, l’ancêtre de l’Aéropostale. Son rêve est de voler, et il sera intégré puis envoyé à Cap Juby, une escale perdue dans le Sahara. Le futur écrivain y fait l’expérience de la solitude et de l’écriture.

QUI ES-TU SAINT-EXUPERY ?

J’étais confiante en commençant cette BD, et pourtant j’ai trouvé que l’histoire prenait du temps… à décoller ! Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe dans la tête d’Antoine lorsque celui-ci fait part de son rêve de voler, ce qui se cache derrière son ambition de devenir aviateur. Ce n’est pas une lecture désagréable, d’autant que les dessins sont très beaux et les couleurs du Sahara au soleil couchant splendides. J’aurais aimé pénétrer plus profondément dans les pensées de ce personnage mystérieux, songeur, à qui il échappe de temps à autre des phrases percutantes, poétiques (extraites de son œuvre et de sa correspondance). Mais on en reste à son quotidien dans le désert avec ses collègues, aux dangers qui les guettent chaque jour, que ce soit en l’air avec des avions parfois très fragiles, ou sur terre, où ils sont entourés de tributs qui ne leur veulent pas que du bien.

J’ai donc été déçue par cette BD qui ne m’a malheureusement pas procuré d’émotions. J’en ressors avec des détails sur la vie de Saint-Exupéry, sans vraiment avoir l’impression de le connaître mieux. (En revanche j’ai appris des choses sur ces pionniers de l’aviation !)

Walking Dead, Tome 13 : Point de non-retour de Robert Kirkman et Charlie Adlard

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  ~ 4ème de couverture ~

Enfin arrivés aux portes de Washington, Rick et ses compagnons intègrent une communauté de survivants, visiblement épargnés par le fléau qui ravage l’humanité depuis un an maintenant. Ici, pas d’apparition de zombies. Mais ce retour au calme et à une vie presque normale ne se fait pas sans heurts. Bien au contraire, il révélera au grand jour les difficultés d’adaptation de chacun.

Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

~ Mon humble avis ~

Rick et toute la bande ont été intégrés à la communauté d’Alexandria. C’est l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux personnages avec lesquels tout ne va pas forcément bien se passer. Rick, à qui on a confié le job de policier, doit régler les litiges entre les gens de cette ville aux allures paisibles. Mais lui n’est pas dupe et va très vite se rendre compte de l’attitude étrange de certains d’entre eux…

Vivre une vie normale : c’est ce à quoi prétendent les habitants d’Alexandria. Dans ce lot de familles bien installées, le groupe de Rick détonne légèrement. Pour eux en effet, il n’y a rien de plus enviable que de reprendre une routine paisible à l’abri des dangers extérieurs. Mais quand on a vécu tout ce qu’ils ont vécu, il faut croire qu’on n’en ressort pas indemne… Rick est à fleur de peau et va malheureusement trouver une occasion d’exprimer toute sa colère… Ce tome pose les problèmes de cohabitation que nos compagnons vont devoir affronter. Tout se complique quand Rick va refuser de fermer les yeux pour maintenir le calme dans la ville, soulevant par son comportement des questionnements quant à son gouvernement. Qui, des survivants qui ont affronté le monde extérieur, ou des survivants d’Alexandria qui sont maintenus dans l’ignorance de ce qui se passe derrière les murs, sont à même de diriger la cité et de répondre aux besoins de la population ? de la garder en sécurité ?

Autant de questions qui font de ce choc entre deux catégories de survivants un tome très intéressant. J’ai beaucoup aimé cette lecture, même si je ne m’attendais pas à ce qu’un autre « danger extérieur » resurgisse aussi vite dans l’histoire. À suivre donc…

Walkind Dead, Tome 12 : Un monde parfait de Robert Kirkman et Charlie Adlard

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~ 4ème de couverture ~

Washington enfin ! Le voyage aura été long, semé d’embûches et de drames. Avant la conclusion de ce périple, l’un des compagnons de Rick se révélera être autre chose que celui qu’il prétendait être. Une fois la colère passée, l’espoir renaît néanmoins avec l’apparition providentielle d’une communauté visiblement épargnée par le fléau qui ravagea l’humanité voici un an déjà. Une étape décisive !

Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

~ Mon humble avis  ~

Alors que Rick et sa bande ont évité une fois de plus des tarés psychopathes éminemment dangereux, il semblerait bien que la chance leur sourit enfin… Un homme vient à leur rencontre et leur fait une proposition qui semble bien trop belle pour être vraie : en échange de leur savoir-faire, ceux-ci sont invités à rejoindre la communauté autosuffisante d’Alexandria (le Paradis pour nos amis les baroudeurs de la forêt). Sans savoir si cette histoire est du flan, ils vont quand même aller y jeter un œil…

Ce tome n’a pas été riche en surprise puisque j’ai déjà vu la série, mais j’ai comme d’habitude apprécié retrouver les personnages, et comme il y a toujours des ressemblances et des différences, on y trouve toujours son compte ! Dans ce tome, le groupe de Rick est soudé, ils savent ce qu’ils veulent et ils n’hésitent pas à prendre des risques pour ça. Ils pourraient très bien se contenter de prendre le bonheur qu’on leur tend sans veiller sur leur garde : mais comme ils ont un lourd passif derrière eux qui leur dit de ne pas faire confiance au premier qui se pointe aussi gentil soit-il, ils ont plutôt tendance à se méfier.

J’ai adoré retrouver ce groupe confronté à une nouvelle situation, c’était donc une très bonne lecture !

Lou, Tome 7 : La cabane de Julien Neel

Lou #7.png~ 4ème de couverture ~

Retour aux sources…

Pour les vacances, Lou a décidé d’emmener ses copines sur la terre de ses ancêtres : à Mortebouse, où la 4G est inexistante ! Le lieu idéal pour s’affranchir des choses superficielles du monde moderne et entrer en communion avec la nature, il paraît que c’est super tendance. L’occasion de revoir Paul, aussi… Point d’orgue de ce programme « retour aux sources » : la construction d’une cabane, sur le terrain de la grand-mère de Lou.

Cette année, retrouvez Lou en compagnie de sa maman, de Mina, Paul, Tristan, Mister Juice, mais aussi d’une myriade d’autres personnages ! Un tout nouvel album dans lequel Mortebouse forme aussi l’épicentre d’une mystérieuse singularité…

En décrivant, d’un regard juste et touchant, le quotidien d’une jeune fille d’aujourd’hui, saupoudré d’une subtile touche de pop-culture, Julien Neel a insufflé une touche de fraîcheur et de sensibilité alors inédites à la bande dessinée. Lou !, c’est la synthèse parfaite entre série grand public et œuvre d’auteur personnelle, ce qui en fait un véritable joyau du 9e Art. Acclamée par la critique et le public, traduite dans une vingtaine de langues, la série a ainsi remporté de nombreux prix (dont le prix Jeunesse du festival d’Angoulême par deux fois), s’est vendue à 2,5 millions d’exemplaires, a été adaptée en série animée puis au cinéma par Julien Neel lui-même !

Elle a surtout su conquérir le cœur d’un public de plus en plus large. Grands et petits, filles et garçons, tous se jetteront sur ce nouvel album pour découvrir la suite du destin de l’adorable Lou, qu’ils ont eu le plaisir de voir grandir au fil des tomes !

~ Mon humble avis ~

Enfiiiiin ! Tous les fans de Lou se réjouissent : le tome 7 a finalement vu le jour ! Finalement, car nous l’attendions tous, le dernier tome étant sorti il y a quatre ans (mais oserait-on se plaindre alors qu’on doit ce laps de temps à la réalisation du film Lou, sorti en 2014 ? franchement, je crois que c’est plutôt excusable quand on fabrique une telle merveille). Alors oui, le tome 6 a quand même été super décevant pour la quasi-totalité des lecteurs assidus de Julien Neel, qui nous laissait dans le brouillard le plus épais. Moi aussi, je voulais des explications. Seulement ce qu’on ne pouvait pas savoir, c’est que cet opus et le suivant devaient être conçus comme un diptyque, c’est-à-dire que le tome 7 devait répondre aux questions posées par le tome 6… Mais un film est venu s’immiscer dans les plans de l’auteur, qui nous a fait patienter plus longtemps que prévu ! Alors, quatre ans plus tard, ça y est, on a la suite entre ses mains, et on a super hâte de comprendre.

Dans cet avant-dernier tome de la série, nous retrouvons avec bonheur tous les personnages que nous avons aimés : Lou, évidemment, sa mère, son chat aux multiples surnoms, son meilleur ami Paul, Tristan, les très guimauves Jean-Jean et Mina, la (post)gothique Marie-Émilie, ses parents chelous… Avec de nouveaux personnages – secondaires, certes – ce tome est pour nous le tome de la nostalgie, alors que la saga voit poindre sa fin prochaine…
Au bout d’un moment, et si on est comme moi (c’est-à-dire longue à la détente) on se rend compte qu’il y a un truc qui cloche. Car les personnages font référence aux vacances du tome 4 comme si une année seulement venait de s’écouler : et pour cause ! Nous sommes dans un flash-back, soit avant les étranges événements cristalloïdes/bizarroïdes du tome 6, et nous allons donc obtenir des indices sur les causes de ce bouleversement dans l’univers de la BD.
Néanmoins, le tome ne soulève ces indices qu’à la toute fin, ce qui permet à l’histoire d’être divertissante, drôle, fraîche, comme on l’aime. Nous retrouvons l’incroyable antipathie de la grand-mère de Lou, qui nous réserve une sacré surprise, et la bande de copines, qui s’ennuierait rapidement à Mortebouse, décide de fabriquer une cabane dans les bois. Ce chantier va prendre vie sous les yeux du lecteur qui s’émerveillera sans doute du résultat… (Sérieux ? Qui n’a jamais rêvé d’une « cabane » comme ça ?)
Mais même si la bonne humeur, l’amitié et l’amour sont là, j’ai vraiment ressenti un changement dans le ton de la BD, dans la continuité de la séparation entre Richard et la mère de Lou, finalement. Lou grandit et Julien Neel fait évoluer avec elle la réalité qui l’entoure, plus sombre, moins idéale, mais forcément plus réaliste et dans laquelle certains lecteurs qui comme moi apprécient ce mélange pourront se retrouver davantage encore. L’auteur ne cède décidément pas à la facilité en introduisant des thèmes délicats comme la perte du sentiment amoureux, ou bien le manque de confiance en soi, le doute qui s’installe dans la relation avec les autres, la question de l’éternité d’un premier amour.
En relisant la série, on pourrait dénicher assez d’indices pour trouver la clé de l’énigme, a confié Julien Neel. J’ai bien ma petite hypothèse sur la question, mais les conjectures peuvent être multiples, car ce tome a aussi son lot de mystères, notamment avec le personnage de « Clément Fifrelin » et ses bandages autour de la tête…

J’ai donc beaucoup apprécié ma lecture, même si je dois dire que l’auteur est définitivement cruel de relancer à nouveau le suspens sachant qu’il va falloir attendre – combien de temps, on l’ignore – pour connaître la suite, qui sera en plus la fin de la série ! Mais, prenons notre mal en patience, car les bandes dessinées de Julien Neel en valent toujours la peine.

Les Schtroumpfs, Tome 4 : L’Œuf et les Schtroumpfs

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Qui ne connaît pas les Schtroumpfs ? Ces gentils lutins bleus à gros bonnet blanc se ressemblent tous, même s’ils ont chacun leur caractère, et parlent une curieuse langue dans laquelle la plupart des mots sont remplacés par « schtroumpf » ou « schtroumpfer ». Sous l’autorité débonnaire du grand Schtroumpf, ce sympathique petit peuple organise sa vie et lutte contre l’abominable sorcier Gargamel, qui ne rêve que de les détruire.
Une adorable fantaisie qui séduira les plus petits et distraira leurs aînés.

~ Mon humble avis ~

Aaah, les Schtroumpfs ! Quel bonheur de les retrouver ! Je suis retombée en enfance avec cette BD. J’ai beaucoup ri, notamment lors de la première petite histoire, où les Schtroumpfs trouvent un œuf magique qui leur permet d’exaucer tous leurs vœux… Évidemment, cela dégénère, et d’une drôle de façon ! (J’ai adoré le Schtroumpf transformé en saucisse.) Quant à Gargamel, eh bien, s’il compte se venger de ces petits êtres bleus, ce ne sera pas pour cette fois ! Et les Schtroumpfs sont bien gentils de ne pas l’avoir capturé, ou pire. L’idée du Schtroumpf coquet qui voit son reflet sortir du miroir et former son double était géniale, surtout que celui-ci parle aussi en miroir ! Bref, plein de couleurs, plein de bonne humeur : que demander de plus ?

Walking Dead, Tome 11 : Les chasseurs de Robert Kirkman et Charlie Adlard

walking-dead-11~ 4ème de couverture ~

Rick et ses compagnons, rejoints par le trio de l’ex-sergent Abraham, tentent de rallier Washington, le lieu où, selon Eugène Porter, tout aurait commencé. Sur la route, le groupe se sent épié, et ce n’est pas la rencontre fortuite d’un révérend qui va les rassurer. Réfugiés dans une église, la paranoïa s’installe. Pire que les zombies, les cannibales… Cette odyssée de la survie atteint un nouveau stade dans l’horreur. Cernés de toutes parts, certains membres devront sacrifier une partie de leur humanité pour survivre.

Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale…

~ Mon humble avis ~

Alors que le dixième tome de Walking Dead avait déçu certains lecteurs par son relatif calme (je dis bien « relatif », parce qu’il ne faudrait pas oublier l’énorme horde de zombies qui poursuit nos amis à la fin du volume), cette suite a l’avantage d’être très forte en rebondissements et images « choc », comme Kirkman les aime. Un concentré d’horreur qui vous glace le sang jusqu’aux orteils !

Tout d’abord je dois dire que même si ce n’est ni la faute de Kirkman, ni celle d’Adlard mais plutôt celle des éditions Delcourt, je n’ai pas tellement apprécié qu’on me spoile le contenu du comic dès la lecture de la 4ème de couverture. Mais passons.
Une fois de plus, notre ami Rick est dans ce délire chelou avec le fantôme de Lorie, avec qui il communique au téléphone. Si j’ai trouvé l’idée intéressante au début (c’est au tome 9 que Rick commence à avoir ces étranges conversations téléphoniques), là, clairement, cette habitude devient un peu lourde, car le lecteur sait très bien que ce personnage est hanté par le souvenir de sa femme et de sa fille, il n’est pas nécessaire de nous le rappeler à chaque fois, d’autant plus avec ces hallucinations répétitives. (En plus je détestais Lorie, donc j’aimerais mieux qu’on arrête de rappeler tout le temps son souvenir.)
Comme très souvent dans ce comic, le ton est tout de suite donné dès les premières pages. Si les jumeaux jusqu’ici avaient un rôle minime voire inexistant, disons-le, ce tome va très vite nous rappeler leur présence, pour mieux la supprimer ensuite. Car les enfants ont aussi leur lot de traumatismes… Deux d’entre eux vont commettre un geste irréparable, l’un étant flirtant avec la folie et ayant oublié la gravité de la mort ; l’autre se décidant à faire ce que les adultes n’osent pas faire, malgré qu’ils en aient la sombre intention. Au passage, soulignons que les jumeaux sont partis fugacement : à l’image de leur importance dans l’histoire. Encore une fois, Kirkman fait le ménage en se débarrassant des personnages inutiles, et ce n’est pas plus mal.
Il n’y a encore aucun répit pour nos compagnons qui voient arriver dans leur campement le mystérieux père Gabriel, un solitaire miraculeusement rescapé de l’apocalypse, qui va à leur rencontre en temps que pacifiste égaré. Méfiants, et forcés de l’être, même face à un homme de foi, ils ne seront pas complètement insensibles au récit terrifiant que celui-ci leur fera – le religieux devenant le pécheur confessant.
Enfin, ce tome est particulièrement marquant dans la mesure où il atteint le sommet de l’horreur, de l’ineffable. Comme beaucoup sans doute, en ayant regardé la série d’abord je n’ai pas été aussi surprise que j’aurais pu l’être. Le déroulement de l’épisode du cannibalisme est le même, si ce n’est que ce n’est pas le même personnage qui sera la victime de ces étrangers avides de viande fraîche. Mais même si la victime en question n’était pas entièrement inutile, je dois dire que j’avais tendance à m’en plaindre durant les lectures précédentes, donc je ne regrette pas cette perte. J’ai adoré ce tome car il franchit une limite encore plus extrême, à tel point qu’on imaginerait mal ce qui pourrait encore plus déshumaniser un homme, que de consommer la viande de ses propres enfants pour survivre.

Le mal que Rick est capable d’infliger aux autres semble de plus en plus incontrôlable, répondant par impulsion, plutôt qu’avec raison, comme celui qu’il était jadis au début de la série. Ne se contentant plus de faire les choix qui s’imposent pour protéger sa communauté, il suit une voie dangereuse vers la vengeance sanguinaire. Ce tome était donc génial au niveau du degré de terreur qui augmente, comme au niveau des questions qu’il soulève, cette fois-ci de manière encore plus percutante, sur ce que les survivants sont capables de faire pour sauver leur peau, quitte à renoncer totalement à leur humanité. C’était mortel, et on en reprendrait bien un morceau !

rick